An unidentified woman gestures after an overnight massacre 28 to 29 August in the village of Rais, in the Sidi Moussa district south of Algiers. Nearly 100 village were shot, slashed and burnt to death in an overnight massacre on the southern outskirts of Algiers attributed to armed Islamic extremists, authorities said 29 August. According to an official toll 98 people were murdered and 120 wounded. However residents in the Sidi Moussa district said the number of dead was between 200 and 300.

La société civile et les partis de l’opposition ont vivement réagi à la diffusion par la télévision gouvernementale d’images choquantes de la décennie noire. Pour une fois, les Algériens et les formations de l’opposition étaient sur la même longueur d’onde dans la dénonciation d’une opération de terreur. Il faut croire que la manœuvre grossière du pouvoir a obtenu l’effet inverse à celui escompté. 

Que veut le pouvoir ? Quel est l’effet recherché suite à la diffusion d’images terrifiantes de la décennie de sang ? Les Algériens n’ont pas pris de gants pour répondre à ces questions.

La diffusion de ces images a engendré un large débat que ce soit sur les réseaux sociaux, ou sur les plateaux de télévision. On a vite conclu que l’initiative était suspecte, d’autant plus que la diffusion d’un tel contenu était une violation de l’article 46 de la charte sur la paix et la réconciliation nationale. «Pourquoi donc avoir pris ce risque, si ce n’est pour faire passer un message?», se sont interrogés les Algériens.

Sur Facebook, les Algériens n’ont pas été tendres avec leurs gouvernants. Dans les commentaires convergent vers le même constat : une tentative de terroriser la population. «Le pouvoir nous menace, il veut marchander avec nous», a écrit un internaute.

Les Algériens ont en fait établi un lien entre la crise que traverse le pays et la diffusion de ce «message subliminal». «Ils veulent qu’on se taise, ils veulent qu’on ne demande pas après les 1000 milliards partis en fumée», a affirmé une autre Facebooker qui a déploré le fait que le «régime exerce un terrorisme psychologique sur la population».

Du coté des partis politiques, on ne s’est pas gêné pour s’emparer de l’affaire. Là aussi, les lectures sont similaires à celles qu’on pouvait lire sur les réseaux sociaux. «Le reportage diffusé par l’ENTV est un chantage exercé par le pouvoir sur son peuple», a dénoncé le SG de Jil Jadid, Sofian Djilali, qui a dépeint «des procédés odieux que le pouvoir utilise pour effrayer le peuple et assurer son maintien». Pour le leader de cette formation d’opposition,  «le pouvoir a envoyé un message clair au peuple algérien pour ne plus réclamer le changement. Il dit que vous avez le choix entre le régime en place ou retomber dans le terrorisme le plus abject».

C’est pratiquement le même son de cloche du côté du RCD. Pour le parti de Mohcine Belabbas, qui s’est exprimé par la voix de sa secrétaire nationale Fetta Sadat, le régime exploite les peurs des Algériens en exerçant sur lui une sorte de «chantage pour obtenir son assentiment et cautionner sa politique qui mène le pays à la dérive».

Du côté du MSP, on parle plutôt de diversion.  «Pour n’avoir rien fait sur le plan politique, économique et social, les partisans zélés du président tentent de le présenter comme étant le sauveur de l’Algérie», estime le chef du groupe parlementaire du MSP, Nasser Hamadouche, qui a également rappelé que c’est Liamine Zeroual, qui a été le premier à entamer les négociations avec les «chefs terroristes», insistant sur le fait que le président actuel n’a fait que parachever un projet entamé par son prédécesseur.

M.M.

Décennie noire/ Les images choquantes de la télévision gouvernementale fédèrent les Algériens
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