Interrogé sur les administrations publiques qui exigent de leur personnel masculin de se raser la barbe, le père spirituel des salafiste algériens, cheikh Mohamed Ali Ferkous, a recommandé la défiance. À son sens, toute directive contraire à la volonté divine et à la tradition prophétique est irrecevable, même si elle émane des institutions de l’État.

Pour cheikh Ferkous, de telles directives sont irrecevables et le fidèle est appelé à ne pas en tenir compte. «L’obéissance au régent est soumise d’abord et avant tout à l’obéissance à Dieu et à son prophète. Il est donc interdit au musulman de se soumettre à une autre autorité que celle de Dieu et son prophète», a-t-il soutenu.

Concernant l’attitude que le fidèle doit adopter face aux exigences de certaines institutions de l’État, telle l’armée, qui impose à ses personnels de se raser de près, le cheikh a fait référence à la tradition prophétique pour dire qu’il «est permis, d’un point de vue religieux, de diminuer le volume de sa barbe, mais en aucun cas il n’est permis de la raser complètement». Pour le cheikh salafiste, c’est cette barbe qui permet de distinguer un homme d’une femme.

Cheikh Ferkous a l’habitude d’intervenir et d’émettre des fatwas couvrant plusieurs aspects de la vie. Ses avis se distinguent par une défiance manifeste à l’autorité de l’État dans la mesure où il a appelé, à plusieurs reprises, à passer outre la réglementation en vigueur pour appliquer les percepts religieux.

M.M.