Au total, 4776 médecins algériens exercent en France, soit 38% du total des 12 566 médecins titulaires d’un diplôme de médecine obtenu en dehors de l’Union européenne. Les chiffres révélés sont annonciateurs d’un véritable effondrement du système de santé algérien. Pourtant, les pouvoirs publics ne bougent pas le petit doigt.

Les médecins algériens exerçant en France représentent 38% du total des 12 566 médecins titulaires d’un diplôme de médecine obtenu en dehors de l’Union européenne et exerçant leur profession en France. Les chiffres traduits par l’Atlas 2017 de la démographie médicale et rapportés par l’AFP, propulsent l’Algérie au premier rang des pays situés hors de l’UE pourvoyeur de médecins en France, loin devant la Syrie qui se situe pourtant à la deuxième place avec 11%.

Les raisons de ces départs massifs sont, hélas, bien connues: les conditions de travail, le niveau de salaire, le manque de reconnaissance et dernièrement, une hostilité manifeste de la part de l’administration et même du citoyen. Autant de problèmes auxquelles les pouvoirs publics tardent à trouver des solutions.

En plus de sa condition sociale précaire, le médecin vit une situation de conflit quotidienne avec l’administration. Ça ne s’arrête pas là, puisque même les autorités l’accusent depuis quelque temps d’être à l’origine de tous les méfaits du système de la santé. Face à cela, le médecin s’insurge et dénonce une volonté de faire de lui un bouc émissaire. Le résultat est une désespérance qui pousse les médecins algériens à quitter le pays.

Malgré les difficultés à intégrer le système de santé français, les médecins algériens se jettent à l’eau sans avoir la certitude d’un avenir meilleur. Les contraintes sont multiples: reconnaissance des diplômes, vérification des connaissances (EVC), procédure d’autorisation d’exercice requérant déjà au moins trois ans d’exercice en Algérie sont quelques unes des étapes inévitables par lesquelles ils sont obligés de passer. Ils consentent à jouer le jeu, mais la réussite n’est pas toujours au bout du chemin.

M.M.