Le PDG de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, a dressé un constat critique sur l'organisation et le fonctionnement de son groupe. La bureaucratie, l’organigramme inadéquat, les créances de la compagnie et bien d’autres aspects ont été abordés.

Intervenant lors d'un séminaire consacré à la compagnie, M. Ould Kaddour, a fait part de plusieurs dysfonctionnements qui minent l’entreprise. Pour lui, «l'absence d'une stratégie à long terme» se fait sentir et l’inexistence d’un système efficace  d'information et de communication et un véritable handicap pour la Sonatrach.

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Le premier responsable du groupe a reconnu que la plus importante compagnie algérienne «ne s'est pas préparée au scénario d’un effondrement du marché pétrolier» et que maintenant il faut trouver, dans l’urgence, des solutions pour sortir l’entreprise de sa torpeur.

En guise de solution, il a plaidé pour une réorganisation du groupe d'une manière «intelligente» pour répondre aux besoins du pays. À ce propos, il a fait savoir qu'un changement allait être opéré à Sonatrach dans le but définir les objectifs à assigner à cette compagnie, en relevant, au passage, un nombre excessif des filiales.

À son sens, le groupe souffre aussi des méfaits de la bureaucratie au point où cette dernière a réussi à gangrener toute la société. «C’est une firme bureaucratique plutôt qu’économique», a-t-il déploré, ajoutant que le groupe a du mal à tenir ses engagements et ses promesses auprès de ses clients.

Pour ce qui est du gaz de schiste, il est affirmatif quant à son exploitation qui interviendra tôt ou tard. «Il y a plusieurs études et un grand travail qui nous attendent dans ce sens. Il faut donc mettre le temps qu'il faut et opter pour des approches stratégiques adéquates pour son exploitation», a-t-il soutenu.

Présent à cette rencontre, le ministre de l'Énergie, M. Mustapha Guitouni, a quant à lui, défendu l’idée selon laquelle le secteur de l’énergie et Sonatrach, sont «essentiels pour mener les réformes du Président de la République à bien». C’est pour cela, a-t-il dit, qu’il faut aujourd’hui s’interroger sur ce que sera Sonatrach dans 10, 20, 30 et 50 ans à venir». Sur ce point, il a mis en relief la poursuite de la prospection et l'amélioration de la production d’hydrocarbures.

Concernant les créances détenues par la compagnie,  le ministre a révélé qu’elles seront «graduellement réglées en liquidités», de sorte à lui permettre de financer ses investissements d’abord en fonds propres.

M. Guitouni, a ensuite abordé la question épineuse de l'amendement de la loi sur les hydrocarbures. Il a affirmé à ce sujet que les modifications qui seront apportées «visent à encourager la venue de nouveaux investisseurs et d’améliorer les recettes du pays». «Sans porter atteinte à aucune question de souveraineté, une relecture de cette loi est aujourd’hui nécessaire pour améliorer notre attractivité dans le domaine de la prospection et l’exploitation des hydrocarbures, de façon à renouveler nos réserves, diversifier le tissu des  industries pétrochimiques de transformation et créer de bonnes conditions pour une valorisation locale optimale de nos ressources», a-t-il précisé.

M.M.