Front social/ Menaces d’embrasement

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Le front social risque de s’embraser dans les jours à venir. Plusieurs organisations syndicales de différents secteurs menacent d’entrer en grève si leurs revendications ne sont pas prises en charge. La zone industrielle stratégique de Rouiba, située à quelques encablures des centres de décision, n’est pas en reste.

Le front social est en ébullition. Les organisations syndicales réclament une intervention urgente des pouvoirs publics pour désamorcer des situations explosives. Mais la réponse tarde à venir.

Comme de coutume, c’est le secteur de l’éducation nationale qui connaît les premiers soubresauts. Ainsi, la Commission nationale des intendants de l’éducation nationale, affiliée à l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (UNPEF), a appelé, mardi, le ministère de l’Éducation nationale à accélérer l’établissement d’une dérogation pour permettre la promotion des adjoints et adjoints principaux des services économiques et la participation au concours  professionnel de promotion au grade de sous-intendant. «Si la tutelle continue de nous ignorer, nous entamerons un mouvement de protestation le 7 et 8 novembre prochain avec un sit-in devant le ministère de l’Éducation nationale», a affirmé au quotidien El Khabar, le coordinateur de cette commission, Mustapha Nouaouria.

Même tonalité du côté des organisations estudiantines qui continuent d’interpeller le ministère de l’Enseignement supérieur afin de répondre aux préoccupations des étudiants. Il faut croire que la crise actuelle a considérablement amoindri la capacité du ministère à acheter la paix à l’intérieur des universités poussant ces organisations estudiantines, traditionnellement proches de l’administration, à s’insurger contre elle, demandant une amélioration des conditions socio-pédagogiques des étudiants et un règlement immédiat des dossiers en suspend.

Selon Fares Bendjeghlouli, SG de l’Union nationale des étudiants algériens (proche du FLN), «le ministre se doit d’intervenir immédiatement en prenant des mesures allant dans le sens de l’amélioration des conditions des étudiants», ajoutant que des dossiers restés en suspends comme celui des transferts sont en train d’attiser les tensions, d’autant plus que les rectorats ont décidé de les ignorer définitivement. La seule solution qui reste, c’est de protester, a-t-il clôt.

De son côté, le syndicat du personnel de la formation professionnelle a décidé de provoquer une réunion extraordinaire pour fixer une date pour le début d’une grève. Le personnel de ce secteur a, à maintes reprises, réclamé une révision des textes réglementant leur activité  ainsi que le droit à certaines indemnités.

Le secteur industriel n’est pas en reste. La zone industrielle de Rouiba risque d’être totalement paralysée dans les jours à venir du fait des mouvements de protestations qui secouent trois grandes entreprises établies dans cette zone. Une grève de trois jours a été observée par les employés de la Sonacom récemment, et une nouvelle est annoncée pour les jours à venir. Ces derniers réclament le droit à la retraite anticipée et à la retraite proportionnelle. Des exigences que la direction de cette entreprise perçoit comme dangereuses, car disent-ils, «elles risqueraient de se propager sur l’ensemble des travailleurs de la zone industrielle», ce qui va provoquer l’arrêt total des activités.

M.M.