Vidéo. Importation de véhicules/ Les Algériens « inventent » de nouveaux réseaux

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Les contraintes imposées aux concessionnaires automobiles en termes de quotas d’importation n’ont pas empêché les Algériens d’acquérir des véhicules hors des réseaux traditionnels. La prolifération de plaques d’immatriculation étrangères sur nos routes en témoigne.

Depuis l’instauration des licences d’importation, des revendeurs ont pris le relais des concessionnaires. Plus de 383,44 millions d’euros ont ainsi servi à importer ces véhicules principalement de France et de Dubaï les sept premiers mois de 2017. Un business florissant qui engendre des pertes sèches pour l’Etat.      

L’on constate ces derniers temps la prolifération de plaques d’immatriculation étrangères accrochées à des voitures haut de gamme circulant partout sur le réseau routier national. Leurs propriétaires ne sont pas des touristes venus visiter le pays, mais des Algériens qui se sont tournés vers des importateurs particuliers qui ont su exploiter les brèches pour satisfaire la demande en engrangeant un maximum de profits.

Cette tendance, qui prend de l’ampleur, est l’un des effets pervers de la nouvelle politique de limitation des importations, notamment en ce qui concerne le marché automobile. Le président de l’Association des Constructeurs et Concessionnaires Automobiles en Algérie (AC2A), Yousef Nebbache, soutient qu’«il y aura toujours des brèches et des vides juridiques que les Algériens exploiteront pour contourner cette politique des licences. On nous a interdit d’importer des voitures pour sauvegarder la devise, mais cela n’a pas empêché des particuliers de prendre le relais», a-t-il déploré, ajoutant que ces importations qui se font en grande partie grâce aux licences de moudjahidine sont à l’origine de pertes sèches pour l’État.

«L’État est perdant sur toute la ligne. Les particuliers qui achètent cette licence au prix modique de 300 000 DA auprès de ses détenteurs légitimes, engrangent des profits qui échappent à toutes les taxations», explique-t-il, tout en soulignant que « le nouveau propriétaire de la licence paye 10 000 dinars de frais de dossier et puis, tout le reste n’est que profit. Les véhicules achetés dans le cadre des licences des Moudjahidines sont exonérés du dédouanement (15%),  de la TVA (19%) et de la taxe imposée aux véhicules neuf pouvant atteindre dans quelques cas les 150 000 DA», a-t-il révélé, soutenant que l’État perd 2 millions de dinars sur chaque voiture importée suivant ce procédé.

Pour donner une idée sur les sommes colossales dépensées par les particuliers qui versent de plus en plus dans ce type de business, on notera que ces derniers ont importé l’équivalent de 383,44 millions d’euros de voiture  durant les sept premiers mois de l’année en cours. Des voitures qui proviennent majoritairement de France et des pays du Golfe notamment de Dubaï.

M.M.