Pour la première fois depuis de longues années, un ministre de la République a dit publiquement « non » aux salafistes. Confronté à la multiplication des fatwas rendant la célébration de Mawlid Ennabaoui illicite, le ministre des Affaires religieuses et des waqfs, Mohamed Aïssa a réagi. Il a estimé, lors d’une intervention radio, que la célébration de la naissance du Prophète est licite.

Le ministre a en effet soutenu que l’Algérie encourage la célébration du Mawlid Ennaboui en veillant à son « encadrement », car il s’agit de perpétuer de louables pratiques se rapportant au Prophète (QSSL), estimant qu’une telle tradition constitue « un rempart contre les dérives ». « L’Algérie célèbre naturellement le Mawlid Ennabaoui et cela ne nécessite pas de fatwa (…) et cette tradition dénote de l’adoration du Prophète Mohamed (QSSL) ancrée dans les esprits des Algériens », a précisé le ministre. Il a également relevé « l’importance de veiller à préserver la société de tout mouvement sectaire ciblant la quiétude des citoyens ».

Depuis quelques semaines, des salafistes distribuent dans des mosquées des brochures appelant les Algériens à ne pas célébrer l’anniversaire de la naissance du Prophète. Une fatwa qui s’ajoute à d’autres avis religieux émanant des mouvements salafistes radicaux dont l’influence prend de plus en plus d’importance dans les milieux populaires.

Rania Aghiles

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