Elections locales/ La majorité silencieuse, le grand vainqueur

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Le pouvoir présente les résultats des élections locales du 23 novembre comme une victoire de la démocratie. Le taux de participation a été qualifié de satisfaisant et les partis au pouvoir ont consacré leur mainmise sur les assemblées élues. Mais en réalité, le grand vainqueur est la majorité silencieuse qui s’est abstenu à 53%, selon les chiffres officiels.

Le FLN et le RND se sont taillé la part du lion des assemblées communales et wilayales. Sur 1541 communes, le Front de libération nationale (FLN) en a raflé 603. Le Rassemblement national démocratique (RND), partenaire du FLN au gouvernement et deuxième force à l’Assemblée avec 100 députés, a quant a lui remporté 451 communes.

En ce qui concerne les partis satellites du régime, on notera que leu Front Elmostakbel a décroché 71 communes, le Mouvement populaire algérien (MPA) 62 et Tajamou amel el djazair (TAJ) d’Amar Ghoul 31.

Les deux partis démocrates d’opposition, le Front des forces socialistes (FFS) et le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), obtiennent respectivement 64 et 37 communes. Alors que les islamistes Mouvement de la société pour la pais (MSP) a raflé 49 communes. Talaie el houriat essuie quant à lui un véritable revers en n’obtenant que cinq communes.

Les partis du pouvoir ont certes raflé le plus grand nombre de communes. Mais le grand vainqueur de ces élections demeure l’abstention. Malgré un bilan présenté comme étant positif, le taux de participation reste très faible pour des élections locales. S’élevant à 46,83 %, il est légèrement plus important que celui des législatives de mai 2017, où l’on a enregistré 35 %. Mais cela n’empêche que 13 millions d’électeurs ont boycotté ce scrutin et près de deux millions de bulletins ont été annulés. La quasi-totalité d’entre eux contenait des photos ou des messages écrits exprimant le ras-le-bol populaire.

Le large boycott des urnes constitue encore une fois un véritable désaveu pour le pouvoir et l’ensemble de la classe politique. Il constitue plus singulièrement, un désaveu pour le président Boutéflika qui avait appelé les Algériens à une large participation.

M.M.