Les élections locales qui se sont déroulées jeudi, ont donné une mosaïque politique qui ne diffère pas de celles qui l’ont précédée. Si les partis au pouvoir, notamment le FLN et le RND, ont su conserver leurs avances et distançant tous les autres concurrents, à commencer par les « nouveaux partis du pouvoir », les islamistes sortent comme les grands perdants de ce scrutin. Ni le Mouvement de la société pour la paix –MSP- qui a pourtant « versé » dans l’opposition, ni encore les formations qui gravitent dans l’orbite de Abdellah Djaballah n’ont réussi à occuper une place de choix dans l’échiquier politique et local.

Il est vrai que le MSP se maintient avec 49 APC et 159 élus dans les APW, mais nous sommes loin, très loin, des scores massifs que les formations islamistes pouvaient revendiquer dans un passé pourtant pas si éloigné. Les islamistes algériens, qui ont réussi jusqu’à menacer l’existence de l’Etat républicain dans les années 1990, sont réduit à occuper des strapontins. Cela est surtout frappant chez Abdellah Djaballah. L’homme qui fut dans les années 1970 et 1980 une des références pour les salafistes algériens, n’a obtenu, pour l’élection en cours, que 08 APC et aucun siège dans les 48 APW du pays. Une descente aux enfers qui trouve son explication dans le discrédit de la classe politique de manière générale et des partis islamistes plus singulièrement.

Cette chute des partis islamistes est accompagnée par une percée des formations démocrates. Malgré un recul net du Parti des Travailleurs, le FFS et le RCD se sont refaits une santé. Le FFS a notamment gagné au moins 64 APC et pas seulement en Kabylie. A Alger, ce parti a récupéré son fief d’Ain-Bénian et a gagné presque toutes les communes de la façade maritime ouest, à savoir Bologhine, Bab-El-oued, Oued Korich. Il est également vainqueur à Bordj-El-Bahri, Maqaria et Bab-Ezzouar. A l’est du pays, le FFS est sorti majoritaire à Bir-El Ater, dans la wilaya de Tébessa. De la même façon, le RCD a obtenu une commune dans la wilaya de Tipaza. Il s’agit de Hadjret Ennous. Mais le parti de Mohcine Belabbas n’a placé des élus que dans les APW de Kabylie.

Ainsi, l’élection locale de jeudi va certainement déterminer les prochaines échéances, notamment les présidentielles de 2019.

Rania Aghiles

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