Étrange histoire que celle jugée récemment par le tribunal de Sétif et dont l’accusé principal est une enseignante qui a tué sa sœur lors d’une roqia. Après l’avoir étranglée, elle l’a installée dans une chambre, attendant sa résurrection.

À l’origine de ce drame, un « rêve prémonitoire » fait par l’enseignante de langue arabe âgée de 32 ans exerçant au CEM Ben Nouioua,  dans la ville d’Aïn Oulmène, au Sud de la wilaya de Sétif. Estimant que sa sœur était envoûtée, celle-ci a décidé de la soumettre au rituel de la roqia auquel ont pris part sa mère et son autre sœur.

Sous les yeux ébahis de la cour, l’enseignante a raconté comment elle a pratiqué le «rituel d’Ismaël» en référence au texte religieux du sacrifice d’Abraham. Selon elle, ce rituel avait pour but de guérir sa sœur de l’épilepsie dont elle souffrait depuis son enfance. Dans son récit, elle soutient que cette maladie était due à un sortilège.

Ses deux complices ont obtempéré sans formuler de réserves. La victime a donc été allongée et retenue fermement pour permettre à l’enseignante de l’étrangler. Devant la cour, l’auteure du crime et ses complices ont soutenu mordicus qu’ils ne voulaient pas tuer la victime et que leur acte était, au contraire, motivé par le salut de la victime.

Le plus stupéfiant est que l’enseignante et ses complices s’attendaient à ce que la victime ressuscite. Une histoire qui a provoqué la sidération de la cour qui a décidé de soumettre les accusées  à des examens psychiatriques.

Après trois expertises, l’auteure principale du crime, en l’occurrence l’enseignante, a été internée dans un hôpital psychiatrique pour troubles mentaux. Ses deux complices ont, quant à elles, écopé de dix ans de prison ferme.

M.M.

 

 

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