La situation à Bouira s’envenime de plus en plus. La violence a battu son plein hier mercredi lors d’affrontements entre la population. Certains habitants redoutent le commencement d’un long cycle de violence et disent ne pas comprendre comment une région qui a toujours vécu en harmonie peut basculer comme ça en un instant.  

La ville de Bouira a connu des actes de violence très graves hier mercredi. Les accrochages ayant eu lieu à l’intérieur de l’université Akli  Mohand Oulhadj entre manifestants protestant contre le rejet d’une proposition d’amendement au profit de la langue amazighe formulé par la commission juridique de l’APN et les quelques étudiants opposées à cette manifestation ont repris de plus belle hier notamment dans les citées des 1100 logements et celles des 140 logements dans la même ville.

Les quartiers de la ville de Bouira ont pris les allures de champs de batailles. Les manifestants, en grande majorité des jeunes, ont affronté les brigades de police antiémeute. De violents accrochages marqués d’échange de jets de projectiles ont eu lieu. Des arrêts de bus, les plaques de signalisation ainsi que des feux de signalisations lumineux ont été vandalisés.

Les troubles ont commencé juste après la fin d’une marche à laquelle ont pris part des lycéens, des étudiants, des activistes de la cause berbère ainsi que des élus locaux. L’intervention des éléments de la police antiémeute a fini par disperser la foule qui s’est scindée en plusieurs groupes. Un groupe parmi ces jeunes protestataires s’est rendu à la cité des 140 logements, a indiqué EL Khabar, indiquant que ces derniers voulaient régler des comptes avec un des étudiants avec lequel ils se sont accrochés mardi lors de la manifestation qui a commencé à l’intérieur de l’université Akli  Mohand Oulhadj.

La situation demeure explosive dans cette ville où la tension est à son comble. Sur les réseaux sociaux, les habitants de la région restent perplexes. « Nous avons toujours vécu en harmonie », écrit l’un d’eux, ajoutant que de son vivant, il n’a jamais assisté à des événements aussi graves.

D’autres ont, quant à eux,  appelé les sages de la région à intervenir. « Seuls les sages de la région peuvent apaiser les tensions. Avec leurs interventions violentes, les autorités ne font que les attiser », ont-ils ajouté espérant que la région ne connaisse pas des violences similaires à celles qui ont secoué Ghardaïa entre 2013 et 2015.

M.M.