Élément de cohésion maghrébine / Le couscous en passe d’être classé comme patrimoine commun de l’humanité

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Le couscous est en passe d’être classé comme patrimoine commun de l’humanité par l’Organisation des Nations-unies pour l’Education, la Science et la Culture (Unesco).

Ce plat berbère est indéniablement un patrimoine culinaire que se partagent tous les pays du Maghreb. En plus d’être savoureux, saksou, el kousksi ou encore kssekssou est un facteur de cohésion entre les peuple de la région.

Des rencontres entre fins connaisseurs vont avoir lieu dans les jours prochains. L’objectif : Donner les dernières retouches à un projet, celui de classer le couscous comme patrimoine commun de l’humanité. Répondant aux questions des journalistes de l’APS, le directeur du Centre national de Recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (CNRPAH), Slimane Hachi affirme que « le dossier du classement du couscous en tant que patrimoine universel est un projet commun aux pays du Maghreb est fin prêt».

Il est donc question de rendre au couscous ses lettres de noblesse. Ce plat ancestral plusieurs fois millénaire a sus résisté à la modernité. Il a même pu s’adapter pour se décliner à travers plusieurs variantes. Sa consécration en tant que patrimoine de l’humanité est serte une reconnaissance bien tardive, mais une reconnaissance qui aura le mérite de susciter la cohésion entre les peuples maghrébins qui semblent avoir enclenché un processus de réconciliation avec leurs origines et leur histoire ancestrale.

D’ailleurs, l’une des exigences exprimées par l’UNESCO est celle de l’«appartenance». Le plat mis en avant doit donc faire partie du patrimoine culinaire de tous les pays du Maghreb au point d’en faire un « composant de l’identité culturelle ».

Les exigences de cette organisation onusienne ne peuvent être que remplies, car le couscous n’est pas le fait du hasard. Il est réellement né là où il devait naître. Ce plat qui orne les tables des familles maghrébines a toujours été entouré d’un rituel qui lui confère une certaine sacralité. On ne joue pas avec le couscous car il symbolise une certaine authenticité. jeter du couscous est d’ailleurs très mal vu.

Le couscous est indéniablement le plat maghrébins par excellence. Il est aussi une œuvre culinaire magistrale. D’aucuns pensent que c’est la plus belle création culinaire des habitants de l’Afrique du Nord. Les Amazighs furent d’ailleurs les premiers à faire cuire à la vapeur les semoules de blé et d’orge. Le couscous dont l’invention remonte vraisemblablement à la fin de la période romaine n’est mentionné que vers la fin du VIIIème siècle par les auteurs musulmans qui firent l’éloge de ses qualités nutritives et médicales. Il parvient à sortir des frontières et à être prisé selon Rabelais dès le XVIème siècle sous le nom de Coscoton à la Mauresque. Ce n’est qu’avec l’arrivée des Hafsides que le nom de couscous est évoqué.