L’OLP (Organisation de la libération de la Palestine) se dirige-t-elle vers la suspension de la reconnaissance d’Israël ? La question se pose avec insistance depuis la divulgation, hier, d’un communiqué du Conseil central de l’OLP chargeant le comité exécutif du même parti de «suspendre la reconnaissance d’Israël jusqu’à ce que ce dernier reconnaisse l’Etat de Palestine dans ses frontières de 1967, annule l’annexion d’El Qods-Est et cesse ses activités de colonisation». Cette décision a été prise à l’issue d’une réunion de deux jours, qui s’est tenue, à Ramallah, en présence du président palestinien Mahmoud Abbas. Elle se veut surtout une réaction à la l’annonce faite le 6 décembre dernier par le président américain Donald Trump de reconnaître El Qods comme capitale d’Israël. Une décision américaine qui a provoqué un tollé dans plusieurs capitales à travers le monde mais qui surtout a été rejetée par l’assemblée générale de l’ONU par 128 voix pour, 9 contre et 35 abstentions. La résolution du Conseil central de l’OLP a été, quant à elle, adoptée par 74 voix pour, 2 contre et 12 abstentions. Mahmoud Abbas fait partie de la majorité qui l’ont avalisés. Si le comité exécutif de l’OLP entérine la suspension de la reconnaissance d’Israël, ça serait la fin des négociations entre les deux parties. Face au soutien dont bénéficie Israël de la part des Etats-Unis, notamment avec cette dernière décision de Trump relative à El Qods, les palestiniens ont surement jugés qu’ils leur seraient plus utile de mettre carrément un terme aux discussions. Du moins de menacer de le faire. La situation au proche orient, déjà fragile, pourrait vite se détériorer. Et, au lieu de jouer son rôle de gendarme, Trump pourrait être la cause d’une nouvelle guerre qui se profile à l’horizon.

Elyas Nour

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