Tahar Belabbas, coiffé d'un béret lors d'une manifestation publique

Une pétition circule actuellement sur les réseaux sociaux, cette dernière dénonce des atteintes aux droits du militant des droits humains et membre du Comité national de la défense des droits des chômeurs (CNDDC), Tahar Belabbas. Ce dernier est interdit de sortie du territoire national. Selon cette pétition, aucune décision de justice ne le justifie.

Le texte accompagnant cette pétition explique que Tahar Belabbas ne fait l’objet d’aucune décision de justice, pourtant, il s’est vu interdire de sortie du territoire national – et ce, à plusieurs reprises – tant à l’aéroport international d’Alger qu’aux frontières terrestres.

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« Cette interdiction est en violation flagrante de la Constitution algérienne, notamment dans son article 55 qui garantit aux citoyens algériens(ne)s, jouissant de leurs droits civils et politiques, le droit de choisir librement le lieu de leur résidence, et le droit de circuler sur le territoire national ainsi que d’y entrer et d'en sortir », souligne la pétition, ajoutant que cette mesure restrictive s’inscrit également en « violation du pacte international relatif aux droits civils et politiques ratifiés par l’Algérie, en particulier dans son article 12 qui garantit à tout citoyen le droit de quitter n'importe quel pays, y compris le sien ».

Les signataires de la pétition ont formulé un certain nombre de requêtes notamment en appelant l’État algérien à « garantir à Tahar Belabbas son droit de sortir et de rentrer librement dans son pays ». Les pouvoirs publics sont également interpellés pour « mettre fin aux intimidations judiciaires dont fait l’objet Tahar Belabbas ainsi que tou(te)s les militant(e)s des droits de l’homme ». À la fin, la pétition exige « la levée des mesures arbitraires qui frappent Tahar Belabbas et de nombreux militants des droits humains dans l’exercice de leurs activités associatives, syndicales et citoyennes ».

Rappelons qu’en décembre 2016, Tahar Belabbas faisait déjà l’objet d’une interdiction de sortie du territoire national. À cette époque, il s’apprêtait à embarquer à bord d’un avion pour prendre part au Forum social maghrébin sur les migrations, qui se tenait à Tanger au Maroc, avant que les services de sécurité l’empêchent de partir. Le 27 février 2017, M. Belabbas a été arrêté à Annaba alors qu'il s'apprêtait à quitter clandestinement le pays en compagnie de 27 autres harraga à partir d’une plage à Séraïdi.