Le président de la Confédération africaine de football (CAF), le malgache Ahmad Ahmad, avait promis, lors de son élection à la tête de l’instance africaine, en mars dernier, en remplacement du camerounais, Issa Hayatou, de faire de la lutte contre la corruption et du respect de l’éthique son cheval de bataille. Beaucoup y ont cru en lui.

Mais l’élection, vendredi, du Centre-africain Patrice Edouard Ngaissona à l’exécutif de la CAF va certainement provoquer des remous. Et pour cause, le président de la fédération Centre-africaine de football fut, dans un passé pas très lointain, le «coordonnateur» des milices Anti-Balaka qui ont été accusé de crime contre l’humanité commis à l’encontre des musulmans représentés globalement par la coalition Séléka qui, à partir de 2012, luttait contre le président François Bozizé (2003-2013).

Ancien ministre de Jeunesse et des Sports de Bozizé, Ngaissona a, à maintes fois, affirmé que ceux qui ont commis des exactions contre les musulmans ne sont pas de vrais membres des Anti-Balaka, mais des «bandits» qui les imitaient. Celui-ci fut même arrêté en 2004 au Congo mais il a aussitôt été libéré suite à des pressions des autorités Centre-africaines. En tous cas, ses victimes en République Centrafrique ne comprennent pas comment la CAF a laissé faire. Il faut rappeler que l’instance africaine a procédé ce vendredi lors d’un congrès tenu au Maroc, à l’élection de quatre nouveaux membres à son exécutif.

En plus de Patrice Edouard Ngaissona, qui a battu le gabonais Pierre Alain Mounguengui, par 30 voix contre 23, le libyen Jamal Jaafri, le sénégalais Augustin Senghor et le burkinabé Sita Sangare sont les trois autres élus.

Elyas Nour

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