Les communes de Souani dans la wilaya de Tlemcen et celle de Labtime dans la wilaya de Maghnia ont connu des mouvements de protestation ces derniers jours. Des chômeurs de ces deux communes frontalières du Maroc ont réclamé du travail à des autorités qui ont complètement verrouillé la frontière avec le royaume réduisant à néant les activités de contrebande.

Des jeunes chômeurs de la commune de Labtime dans la wilaya de Maghnia ont fermé la RN 7A pour réclamer du travail mercredi. Cette jeunesse en colère demande aussi des alternatives à des autorités ayant carrément fermé toutes les routes empruntées pas les contrebandiers provoquant une diminution très importante de l’activité commerciale dans la région.

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La contrebande. C’était la seule activité qui permettait aux populations établies sur la bande frontalière entre les deux pays d’avoir des revenus stables et durables. Le renforcement du dispositif sécuritaire sur les points de transit notamment par les forces de l’ANP a fini par anéantir cette activité affectant par là même, le commerce local qu’elle approvisionnait. Des deux côtés de la frontière, les populations ont été fortement pénalisées. Il faut dire que leur survie en dépendait.

La grogne a également explosé dans une autre commune non loin de celle de Labtime. Lundi, des dizaines de jeunes de la localité de Souani dans la wilaya de Tlemcen ont eux aussi fermé la RN 7A reliant Maghnia à Marsa Ben M’Hidi. Les revendications étaient identiques. Les jeunes ont demandé du travail tout en dénonçant un manque de considérations de la part des autorités qui ont imposé un black-out sur la frontière Est sans pour autant proposer des alternatives à une population minée par le chômage.

La fortification des frontières est donc devenue une menace pour une partie de la population en Algérie comme au Maroc. Les Marocains étaient cependant, les premiers à avoir battu le pavé pour protesté contre cet état de fait. Les régions marocaines frontalières de l’Algérie ont connu d’importants mouvements de protestation ces derniers temps. Rongés par la pauvreté et le chômage suite au coup d’arrêt donné aux activités de contrebande, les jeunes du Nord-Est du royaume à l’image de ceux d’Oujda sont sortis dans la rue début novembre. Les revendications étaient les mêmes que celles portées par les chômeurs de Labtime et de Souani.