Un mouvement de protestation, désormais célèbre, s’est soulevé à la veille des élections présidentielles de 2014 pour dire non à la perpétuation du règne de Bouteflika. Ses militants se sentent aujourd’hui excédés, en constatant que le débat sur un cinquième mandat est toujours d’actualité.

A ce sujet, l’une des figures les plus emblématiques de ce mouvement exprime son désarroi. Dans un post Facebook, Amira Bouraoui, une des figures emblématiques du mouvement Barakat, indique qu’elle pliera bagage pour quitter le pays si Bouteflika se maintenait au pouvoir pour un énième mandat, car selon elle, cela “est la preuve de soumission de tout un peuple”.

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« Une nation est avant tout la conscience d’un peuple », écrit Amira Bouraoui qui dit ne plus se reconnaitre parmi les siens. Un cinquième mandat pour Bouteflika serait pour elle, une preuve de soumission de toute une nation. Une soumission que cette militante respectée et sincère ne cautionne guère. Pour preuve, elle a promis de quitter le pays et de ne plus dire un mot sur l’Algérie si le président Bouteflika se maintenait au pouvoir en 2019.

« J’ai milité contre le viol de la constitution en 2008, j’ai milité contre un quatrième mandat en 2014 et je militerai contre un cinquième mandat pour 2019. Ceci dit, s’il y a un cinquième mandat malgré tout, je quitte l’Algérie. J’estime que si un peuple accepte un tel mépris, il faut changer de peuple et de pays ».

Amira Bouraoui est indéniablement une femme de conviction. Pour elle, « une nation est avant tout la conscience d’un peuple. Sans conscience il n y a pas de peuple. Je ne militerai plus jamais pour des soumis », écrit-elle, soulignant qu’elle ne mène pas un combat suicidaire. Par là, elle entend bien sur qu’elle ne veut pas se mettre en péril pour une cause perdue. « Je ne veux pas mourir pour une cause perdue. Savoir aimer c’est avant tout s’aimer soi même pour savoir aimer ceux qui partagent le même sens de la dignité, de la liberté, de la justice. J’ai su aimer mon pays, je saurais en aimer un autre avec lequel je partagerai la même définition de la liberté, de la justice et de la dignité. S’il y a un cinquième mandat je refuse de cautionner, pas même au nom de ce qui fut ma nationalité. J’en aurais honte », soutient-elle.

Les militants de la trompe d’Amira Bouraoui se sentent aujourd’hui trahies par cette société pour laquelle ils ont sacrifié une partie de leur vie. Cette indifférence générale qui marque les événements d’importance capitale leur est insupportable. Cela transparait parfaitement dans le post de Mme Bouraoui.