Un million d’Algériens passent par les services de psychiatrie chaque année. La majorité écrasante d’entre eux a été victime du terrorisme durant les années 1990. S’ajoute à cela, les conditions difficiles auxquelles ils ont fait face après leur exode vers les grandes villes.

Le journal électronique Maghreb Voices a tenté de répondre à la question de savoir pourquoi un million d’Algériens passe chaque année par les services psychiatriques. Il s’est avéré que la majorité écrasante d’entre eux ont subi les affres du terrorisme durant de la décennie 1990 – 2000.

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En s’appuyant sur les données fournies par le vice-directeur du programme de promotion de la santé mentale, le Pr Mohamed Chekali, Maghreb Voices est partie à la rencontre de médecins et spécialistes pour tenter de comprendre le pourquoi du comment.

Leurs investigations les ont menées au président du Conseil national de l’ordre des médecins le Dr Mohamed Bekkat Berkani qui a expliqué que la majorité écrasante de ses Algériens qui consultent un psychiatre sont en réalité des victimes du terrorisme. M. Berkani a expliqué que le phénomène de l’exode est également l’un des faits marquants de la décennie noire.

« Les gens qui ont fui les compagnes et les régions enclavées se sont retrouvés, du jour au lendemain, dans de grandes villes sans travail et sans domicile digne. Ils ont vécu dans la précarité », a-t-il expliqué.

Conjuguées à un déficit accru de prise en charge qui s’est étendu sur plusieurs décennies, ces conditions de vie ont fini par affecter la santé mentale de ces individus. « On peut constater aujourd’hui que les grandes villes sont peuplées par des malades atteints de troubles mentaux. Ces derniers sont réduits à vivre une vie de précarité. La rue est leur seul abri et il ne bénéficie d’aucune prise en charge ».

M. Berkani a également déploré l’absence d’une stratégie globale pour une réelle prise en charge incluant le ministère de l’Intérieur, les collectivités locales et les hôpitaux spécialisés. L’intervenant à également appelé à cultiver l’esprit de la compassion et de responsabilisation à l’égard de cette frange fragile de la société.