Le président du Haut conseil islamique Bouabdellah Ghlamallah défend l’idée selon laquelle l’extrémisme religieux n’est pas le fait de l’école. La question a été abordée hier en marge des travaux de la conférence internationale sur «L'enseignement de l'éducation islamique dans les établissements publics», organisée par le HCI en collaboration avec les ministères de l'Éducation nationale, des Affaires religieuses et des wakfs et de la Culture.  Qu'en pensent les spécialistes ?

À en croire le patron du HCI, l’école algérienne n’a jamais œuvré que pour la promotion de la tolérance et le discours conciliant et fédérateur. «Aujourd'hui nous aspirons à assurer à nos enfants une éducation basée sur l'amour du bien et l'attachement à l'islam et ses principes nobles en bannissant les facteurs de discorde et les rancunes sectaires qui déchirent l'unité de la Nation», soutient-il.

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Le Dr Djilali El-Mestari, directeur du centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle d’Oran, est l’un de ces spécialistes qui ont étudié la question. Dans l’un des articles qu’il a publié (Le discours religieux des manuels scolaires algériens de l'éducation islamique dans le cycle secondaire) il met en exergue une certaine contradiction dans le contenu dispensé aux élèves.

Selon lui, les manuels scolaires et même ceux destinés aux instituteurs inclus des discours contradictoire. Le scientifique explique que les programmes dispensé font la promotion d’une chose et son contraire avec une certaine sélectivité. « Outre cet aspect idéologique et mobilisateur chargé d’émotions, le discours religieux s’avère à la fois ambivalent et sélectif, notamment dans la question des relations entre l’islam et les autres religions et cultures.

À son sens, on peut observer une certaine volonté de mettre  en avant les valeurs de fraternité, d’amitié, de liberté et de tolérance dans ces manuels scolaires, mais, et en même temps, on a tendance à crier au loup, en invoquant des formules ronflantes telles que « l'invasion culturelle et ses dangers à l’égard des sociétés ».

Autrement dit, ce qu’on enseigne aux élèves algériens durant les cours d’éducation islamique c’est d’être vertueux avec ses semblables musulmans et d’afficher une attitude réfractaire avec tout ce qui représente une différence, sans pour autant chercher à comprendre cette différence. Cette volonté d’uniformisation a engendré une véritable xénophobie. Et les effets, nous sommes en train de les vivre au quotidien.