Esclavage/ Le président philippin interdit à ses concitoyens d’aller travailler au Koweït

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Le président philippin Rodrigo Duterte a interdit de manière définitive à ses concitoyens et notamment les femmes d’aller travailler au Koweït. Le système dit de Kafala pratiqué dans cet émirat, comme partout dans les pays du Golfe,serait un véritable système de traite d’être humain. 

Les incidents qui se sont soldés par la mort de Philippins semblent avoir atteint un seuil inacceptable. Le 19 janvier dernier, les autorités philippines avaient décrété la suspension de l’envoi de main-d’œuvre vers le Koweït, après la mort de sept employées de maison philippins travaillant au Koweït. Un mois plus tard, le président des Philippines interdisait de façon provisoire à ses concitoyens de se rendre dans cet émirat pour travailler. La décision a été motivée par le meurtre sordide d’une domestique philippine dont le corps avait été retrouvé dans un congélateur. La pauvre a été torturée avant d’être assassinée.

Le président Duterte accuse régulièrement le Koweït de détourner le regard quant au traitement inhumain et dégradant dont font l’objet les ressortissants philippins travaillant sur le territoire de l’émirat. Les femmes philippines sont particulièrement concernées par cette violence d’autant plus que la quasi-totalité d’entre sont des domestiques dans les foyers koweïtiens. Celles-ci sont en général forcées à travailler plus de 20H par jour. Elles sont également violées et soufre de mal nutrition.

Pour mettre un terme à l’esclavagisme dont font l’objet ses concitoyens, le président Duterte a promis de faire rapatrier les employées de maison victimes d’abus. Il a appelé ses concitoyens travaillant au Koweït à rentrer dans l’archipel. Ce dernier a également promis un emploi d’instituteur d’anglais en Chine à tous ceux qui quittent le Koweït.

Selon la banque centrale philippine, environ 10 millions de Philippins travaillent à l’étranger. Au Koweït, ils sont 262 000, dont près de 60 % œuvrent comme employés de maison, selon des données du ministère philippin des Affaires étrangères. Dans ce pays comme partout dans les émirats du Golfe, ces travailleurs sont soumis à un système baptisé « kafala » ou parrainage. Il s’agit ici d’un véritable système de traite d’être humain, dans la mesure où celui qui parraine a le droit de limiter les déplacements du travailleur émigré, de l’empêcher de retourner chez lui, ou de changer de travail. Et tout ça sous couvert de la loi !