Ainsi qu’on pouvait s’y attendre ,les résultats du commerce extérieur en ce début d’année constituent clairement une nouvelle réconfortante pour le gouvernement qui en attribue la cause aux mesures qu’il a adopté en matière de contrôle des importations

Dans ce qui constitue la première évaluation officielle du dispositif mis en place depuis le début de l’année 2018, le ministre du commerce ,M. Djellab, a estimé à la fin de la semaine dernière que l’interdiction provisoire de l’importation de 851 produits avait obtenu des “résultats probants” au cours des 3 premiers mois de l’année.

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A titre d’exemple, a précisé le ministre, le pays a économisé un montant de plus de 300 millions de dollars lors du premier trimestre de cette année, grâce à la suspension de l’importation des téléphones mobiles, ainsi que l’économie de 340 millions de dollars, suite à la suspension de l’importation de la céramique.

Les suspensions d’importation portent des fruits modestes

Même si son impact sur la facture d’importation globale , qui est pour l’instant en recul de 6%, est relativement modeste , le nouveau régime juridique des importations mis en œuvre depuis le début de l’année semble effectivement porter quelques fruits et corroborer la satisfaction exprimée par M.Djellab .

C’est ainsi que, selon les statistiques des douanes rendues publiques voici un peu plus d’une semaine , la facture d’importation des biens de consommation non alimentaires a coûté 1,76 milliards de dollars contre 2 milliards de dollars (-12,2%).Une économie de l’ordre de 234 millions de dollars en 3 mois .

Ce n’est en revanche pas le cas pour la facture des biens alimentaires, également concernée par le dispositif de suspension à l’importation qui s’est établie à 2,245 milliards USD au 1er trimestre 2018 contre 2,250 milliards au même trimestre de 2017, soit une baisse minuscule de 5 millions de dollars entre les deux périodes de comparaison.

Ce que M.Djellab a oublié de dire c’est que la réduction des importations en ce début d’année est surtout imputable à une diminution très sensible des importations de biens d’équipement qui ont été réduites de plus de 15 % par rapport à l’année dernière .Une information qui ne constitue pas forcement une très bonne nouvelle pour le climat de l’investissement dans notre pays .

Une actualisation en cours pour exclure les intrants de la production nationale

Même si le dispositif de contingentement des importations permet de faire des économies le gouvernement semble décidé à l’améliorer en le débarrassant de ses effets les plus indésirables .C’est ainsi que M.Djellab a annoncé que « les intrants de la production seront bientôt radiés de cette liste qui comprend actuellement 851 produits et qui est appliquée depuis début 2018. Par conséquent, la liste “actualisée” inclura uniquement les marchandises finies selon le ministre .

Une actualisation qui ne se fera pas sans mal .Une réunion est prévue durant le mois de ramadhan, avec les opérateurs activant dans les différentes filières de production pour évaluer le volume de la production nationale à même de répondre aux besoins du marché, et ce, filière par filière.

Dans ce sens, le premier responsable du secteur a appelé les opérateurs à s’organiser pour s’ériger en force de proposition et de négociation avec le gouvernement lors des prochaines réunions.

Une taxe douanière supplémentaire cet été

A court terme le dispositif devrait encore être renforcé par la création d’ « une taxe douanière supplémentaire provisoire sur les importations des marchandises finies qui sera introduite dans la Loi de finances complémentaire (LFC) 2018 pour renforcer les mesures de protection de la production nationale et réduire la charge des importations sur la balance commerciale » selon les propos attribués par l’agence officielle au ministre du commerce .

Cette taxe -qui entrera en vigueur en juin ou juillet prochains- constituera un nouvel outil pour revoir à la baisse le déficit commercial, en réduisant suffisamment les importations des marchandises finies produites localement.

Le recours du gouvernement à l’imposition d’une taxe provisoire au lieu d’une taxe permanente est dû au fait que les taxes provisoires répondent à une conjoncture exceptionnelle et sont d’une grande efficacité, alors que le changement des taxes permanentes pourrait refléter une image instable de l’économie du pays, a expliqué le ministre.

« Nos partenaires européens ont compris la situation »

Le ministre du commerce a également livré ce qui est pour l’instant la seule indication officielle sur le contenu des dernières négociations avec l’Union Européenne, En réponse à une question sur l’avis des partenaires commerciaux et économiques de l’Algérie quant à la politique d’interdiction provisoire de l’importation de certains produits, notamment nos partenaires de l’UE, le ministre a affirmé que ces derniers « doivent considérer l’Algérie comme un partenaire, sur la base de la relation gagnant-gagnant, d’autant que l’UE, qui est notre premier partenaire, est directement concerné par la diversité économique escomptée ». « Il y a déjà un débat sur ce sujet et nous avons expliqué notre démarche à nos partenaires qui ont compris la situation », a indiqué M.Djellab qui aura une nouvelle opportunité d’expliquer la démarche algérienne le 14 mai prochain à l’occasion du Conseil d’Association annuel qui réunira à Bruxelles les responsables algériens et européens. Yazid Taleb