Ce n’est pas qu’en Algérie que les non- jeûneurs sont harcelés par les services de sécurité. En Tunisie, ils font l’objet du même traitement en plus d’être perçus comme des renégats par une société qui les révulse. Pour protester, ces non- jeûneurs ont crée un collectif baptisé «#Fatar» et ont manifesté hier à quelque mètres du ministère tunisien de l’Intérieur.

Assailli de toute part, le collectif #Fater a exprimé son exaspération en manifestant hier dimanche à quelques mètres du ministère de l’Intérieur à Tunis, pour revendiquer les libertés individuelles et les droits des non-jeûneurs tout en contestant la décision du ministre de l’Intérieur de fermer les cafés et les restaurants. Ces manifestants, pour la majorité des jeunes étudiants, déplore le fait qu’ils sont obligés de rompre le jeûne en cachette soit pour « casser la croute ou pour fumer »

bien que la manifestation organisée sous le slogan « #Mouch_Bessif », littéralement, « ce n’est pas une obligation », ne reflète pas par son nombre l’ampleur du problème, cette dernière a eu le mérite de  relancer le débat sur les non- jeûneurs.

Les manifestants ont scandé plusieurs slogans pour revendiquer les libertés individuelles, la laïcité et la liberté des pratiques religieuses. La constitutionnaliste tunisienne Nadia Chaabane a d’ailleurs, adressé une lettre ouverte au ministre tunisien de l’Intérieur interpellant sur la question. La lettre en question a souligné le caractère anticonstitutionnel des mesures répressives prises par les autorités à l’encontre de ces non- jeûneurs.