Le patron de la DGSN, le général Abdelghani Hamel a été limogé.  Dans un communiqué rendu public par la présidence de la république ce mardi 26 juin 2018, il est indiqué que le patron de la Protection civile le colonel Moustapha Lahbiri prend le relai. Un limogeage énigmatique qui laisse perplexe. À quoi tout cela rime ?

« Son excellence, Monsieur Abdelaziz Bouteflika, président de la République, a signé ce jour deux décrets, le premier, mettant fin aux fonctions de M. Abdelghani Hamel, en tant que Directeur général de la Sûreté nationale, et le second portant nomination de M. Mustapha El-Habiri à la tête de la DGSN », indique le même communiqué.

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Le nouveau patron de la DGSN occupait ses anciennes fonctions sous la tutelle du ministère de l’Intérieur. M. Lahbiri a chapeauté le corps « apolitique » de la protection civile ces 15 dernières années. Avant cela, il occupait des postes secondaires au sein de la direction de l’administration et des services communs du MDN.  Son prédécesseur était durant des années à la tête de la garde républicaine qui est, soulignons-le,  un corps sensible compte tenu de la nature du régime algérien.

Un limogeage inévitable ?

En mai dernier, le ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui et le vice-ministre de la Défense, le général de corps d’Armée, Ahmed Gaid Salah ont  échangé durant des heures au siège du ministère de la Défense nationale. En rapportant cette information, le site internet Algérie Direct avait bien mis en exergue le fait que Moustapha Lahbiri ait été convié à cette réunion restreinte.  Le même média avait rapporté que les trois partis ont évoqué « la possibilité d’acquérir des avions de lutte contre les incendies au profit des pompiers ». Il serait, cependant, permis de croire que l’éjection du général Hamel ait été au centre de ces échanges.

Le général Hamel, un homme de réseau

Ces dernières années, le nom du général Hamel circulait dès qu’il était question d’un remplacement dans des postes clefs. Dans un premier temps il était pressenti pour remplacer le puissant général Toufik à la tête du DRS. Plus récemment on lui prêtait des ambitions présidentielles.  Il était même présenté comme un successeur potentiel au président Bouteflika.

Ces huit dernières années, il a pu hisser la police algérienne dans les classements les plus prestigieux à l’échelle internationale. Ce dernier a pu construire un réseau relationnel très impressionnant. Le général est perçu comme un homme sérieux.

En décembre 2017, « Abdelghani Hamel a passé en revue à Alger, avec l’ambassadeur américain en Algérie, John Desrocher, les voies et moyens de renforcer la coopération sécuritaire entre les deux pays.  Les deux parties ont évoqué «les relations   privilégiées entre les deux pays notamment en ce qui concerne l’instauration des bases d’une coopération sécuritaire intégrée », il s’agit ici d’une partie de la dépêche diffusée par l’APS le 27 décembre 2017.

Guerre de tranchées avant un rendez-vous crucial ?

On serait tenté de croire que les propos tenus ce mardi matin par Abdelghani Hamel lui ont valu son poste. Pourtant, cela est incongru. « Celui qui veut lutter contre la corruption doit être lui-même propre », avait-il proféré. Des propos qui sonnent comme un pic de rappel plus qu’autre chose. Qui visait-il ? On ne le saura, sans doute, jamais.

Ce qu’on ne peut, cependant pas négliger, c’est le fait que ce limogeage intervient à quelques mois des prochaines élections présidentielles. La course s’annonce dors et déjà sans pitié.