Nassim BELOUAR, est économiste et blogueur. Dans cette contribution, il nous livre sa lecture sur l’état actuel de l’économie algérienne en mettant en exergue les leviers qu’il faut actionner pour sortir le pays de sa torpeur actuelle. Pour y parvenir, ce dernier mise surtout sur le secteur privé.

 Seuls les preneurs de risques, autrement dit les entrepreneurs, peuvent faire passer l’économie algérienne d’une économie basée sur l’hydrocarbure à une économie diversifiée. Les entrepreneurs, sont ceux qui savent créer de la richesse, de l’emploi et innover car ils sont soumis à la règle de base qui régit le marché : la destruction créatrice.

1) Les entreprises publiques sont favorisées par rapport aux entreprises privées : dès lors qu’il y a un droit public et un droit privé, et que les entreprises publiques telles que ENIEM, NAFTAL et autres ne peuvent pas disparaitre si elles ne sont pas efficientes car l’Etat viendra à leur secours pour les subventionner et les repêcher de la faillite, nous avons ici une discrimination claire entre entreprises publiques/privées ce qui donne lieu à un marché inégalitaire d’une partie au détriment de l’autre.

2) La difficulté à avoir le crédit initial : le plus gros souci des PMI/PME ce sont les fonds nécessaires pour développer leurs activités. Actuellement les formalités d’octroi de crédits sont très exigeantes et ralentissent la croissance économique. Pour vous donner un exemple, un jeune entrepreneur doit avoir un bien équivaut au crédit qu’il veut avoir pour que la banque lui accorde ce prêt. On sait pertinemment que ce n’est pas tous les jeunes qui possèdent des maisons pour les hypothéquer dans le but d’obtenir un financement, cet état de fait donne lieu à une barrière à l’entrée sur le marché aux jeunes entrepreneurs.

3) Récompenser ceux qui prennent des risques : il suffit de favoriser ceux qui préfèrent la sécurité au détriment de prendre du risque pour se retrouver dans une situation de stagnation. Ceux qui prennent des risques (les entrepreneurs) sont ceux qui boostent la croissance économique par l’innovation, la production et l’échange. Il faut absolument faciliter les procédures à ces derniers car ils préfèrent créer de la valeur, que de se contenter d’un salaire tout en s’exposant au risque de la ruine étant donné que le marché est imprédicable. 

4) Inculquer l’esprit entreprenariat depuis l’éducation : l’éducation est le pilier principal pour donner plus de créativité, d’esprit entrepreneurial et de prise de risque aux générations montantes. Or, dès leur jeune âge, les élèves sont soumis à une méthode de notation dictatoriale et ils sont incités à réciter ce que l’enseignant leur transmet sans réflexion ni production personnelle. Le système de notation et le contenu de l’enseignement doivent impérativement être mis à jour pour rentrer dans cette stratégie globale qui favorise la diversification de l’économie.

5) Redonner la fierté à l’échec : Il est urgent de redonner la confiance en soi aux Algériens.  Le but est de les encourager à entreprendre, quitte à échouer. Or, actuellement on est dans ce climat où l’échec est une honte chez nous alors qu’un échec est mieux qu’un diplôme en matière de richesse personnelle et d’expérience humaine. Notre formation académique et nos connaissances en général ne sont pas suffisantes pour réussir dans le monde de l’entreprenariat. Tout un chacun doit passer par une série d’échecs pour pouvoir bâtir un background afin de surmonter les obstacles que l’on rencontre sur le terrain.

6) Remettre la confiance dans notre économie : Remettre également la confiance entre les particuliers, entreprises et le gouvernement. La confiance est ce facteur de production que l’on ne perçoit pas mais qui est très important dans notre nouvelle ère économique. Normalement, un gouvernement avant chaque prise de décisions un gouvernement doit mettre en place une stratégie qui répond aux principes de la théorie des jeux.

Face à ces contraintes que rencontre ceux qui prennent du risque, le cadre juridique, fiscal et administratif doit leurs faciliter l’exercice de leurs activités pour pouvoir encourager la création d’entreprise afin de diversifier notre économie.