Le gouvernement algérien n’arrive plus à convaincre ses partenaires étrangers et les organisations internationales du bienfondé de sa politique en matière des libertés syndicales. Cette semaine, le ministère du Travail a été fortement bousculé à Genève, en Suisse, lors de la 107ème conférence internationale du Travail (CIT), par la commission d’application des normes, au sujet de la mise en œuvre de la convention 87 dont l’Algérie est pourtant signataire relative à la « liberté syndicale et la protection du droit syndical ».

A cet effet, il a été décidé d’envoyer en Algérie une « commission de haut niveau » pour s’enquérir de plus près de la situation. Ce qu’a rejeté « catégoriquement » le ministère du Travail.

Dans la réponse du ministère du Travail, il est dit clairement que l’ »Algérie regrette encore une fois la décision prise par la commission, malgré que tous les documents et pièces aient été transmis au BIT ». Pour le ministère du travail, « il s’agit là, de dérives graves qui portent atteinte à l’impartialité et à la crédibilité de la Commission et sur lesquelles nous avons attiré l’attention à maintes reprises, lors des précédentes sessions de la conférence ».

« Aussi, je tiens à déclarer solennellement que mon pays rejette dans le fond et dans la forme la résolution de la Commission », ajoute Mohamed Khiat, secrétaire général du ministère du Travail. L’Algérie a même proposé une « réforme » du fonctionnement de la Commission d’application des normes.

Il faut rappeler, en dernier lieu, que le représentant du ministère était accompagné des responsables de l’UGTA et du SNAPAP (redressé). C’est la Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie (CGATA), que préside Rachid Malaoui, ancien premier responsable du SNAPAP, qui a saisi à maintes reprises le BIT au sujet des entraves dont il fait objet de la part de la tutelle.

Le Snategs, syndicat autonome des travailleurs de la Sonelgaz, dissous par les autorités, s’est également plaint auprès de l’organisation internationale. Le ministère du Travail ne reconnait pas ces deux entités. En tous cas, l’Algérie a de plus en plus mauvaise image auprès des instances internationales au sujet du respect des libertés syndicales, notamment depuis la publication, en avril dernier, de la fameuse liste des syndicats « représentatifs ».

Elyas Nour

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