Nasser Zefzafi, leader du mouvement de protestation (Hirak) dans la région du Rif au Maroc a été condamné mardi soir à 20 ans de prison ferme par la Cour d’appel de Casablanca. Le verdict prononcé risque d’embraser le Rif une nouvelle fois après une accalmie précaire.

Le leader du Hirak a écopé de 20 ans de prison pour “complot contre la sécurité de l’État”. Trois autres militants, Nabil Ahemjik, Ouassim El Boustati et Samir Aghid ont écopé de la même peine.

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Un révolté qui ne démord pas

À la sortie du tribunal, Nasser Zefzafi prend la parole : « c’est un procès politique », a-t-il clamé, martelant que les accusations portées contre lui sont « vides ».

Pour le charismatique leader du Hirak, ce procès est dirigé « contre les symboles de la résistance (...). « La capitale Rabat a toujours considéré les Rifains comme des frondeurs », a-t-il dit en avril dernier, alors que les débats avaient commencé à se focaliser sur les intentions "séparatistes" des militants.

Le retour des troubles dans le Rif ?

Il est probable qu’un nouveau cycle de violence se déclenche au Rif. Sur les réseaux sociaux, le verdict prononcé contre Zefzafi et 53 de ses compagnons a suscité le courroux des Rifains qui l’ont exprimé avec un langage cru. C’est ce sentiment d’injustice qui risque de mettre le feu aux poudres. Tous s’accordent à dire que le Makhzen veut étouffer la voix du Rif en faisant de Zefzafi un exemple.