Nassim Ould Kaddour, fils de l’actuel PDG de la Sonatrach, aurait tenté, en 2013, d’effectuer un transfert «suspect» de fond du Liban vers Hong Kong. L’opération intervenait juste après la fin de la procédure de liquidation de Brown and Roots Condor (BRC), dissoute en 2007, dont Sonatrach était actionnaire, et qui était gérée par son père, Abdelmoumen Ould Kaddour.

«Après l’éclatement du scandale financier planétaire des Panama Papers, Abdelhakim Benferhat, fils de Noureddine Benferhat, ancien officier des services secrets algériens reconverti dans le business et propriétaire de la galerie d’art monégasque Noor Arts, s’est retiré d’un montage offshore où il était associé avec Nacim Ould Kaddour, fils de l’actuel P-dg de Sonatrach», indique d’amblé le site d’information libanais «Daraj» qui a travaille sur les documents du cabinet panaméen Mossack Fonseca au cœur du scandale financier des «Panama Papers» aux Seychelles.

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Il s’agit de la société Synergex Group S.A, «l’une des compagnies seychelloises fournies à Ould Kaddour par Mossack Fonseca via la société fiduciaire libanaise Saad, Debs & Partners Law Firm». La deuxième compagnie, constituée en 2013, s’appelle Farahead Equipment Energy Limited. «Ces deux sociétés devaient prendre part dans une société à constituer à Hong Kong, et serviront à l’ouverture d’un compte dans une banque de l’enclave», ajoute-t-on de même source.

Or, les partenaires de Mossack Fonseca à Hong Kong n’ont pu lui ouvrir un compte. «Les collègues de Hong Kong nous ont indiqué qu’il n’y a aucune garantie pour l’ouverture du compte parce que les banques de la place vont devoir examiner la nature du business de votre client. Votre business est sensible et l’Algérie qui représente l’essentiel de son marché est un pays à haut risque. Cela ne plaide pas pour l’ouverture du compte. Ils vous demandent si la compagnie exerce d’autres activités et si vous pouvez fournir les pièces justificatives», a-t-on répondu à Mossack Fonseca. Le transfert de fonds vers Hong Kong a été effectué finalement en 2015 par une autre société de Nassim Ould Kaddour basée au Liban en l’occurrence Dudley Investment, créé le 28 janvier 2009.

Après avoir énuméré les moult entreprises créés par Nassim Ould Kaddour en Algérie, dont certaines en association avec son frère, dont la majorité se sont soldée par des échecs, l’enquêteur a conclut que logiquement celui-ci n’avait pas assez de cash-flow pour se lancer dans l’international encore moins pour s’offrir un appartement d’un cout faramineux à Neuilly-sur-Seine en France.

Rappelons que BRC, une entreprise algéro-américaine, a été  sous les projecteurs durant les années 2000. Le gouvernement avait diligenté une enquête qui a révélé des malversations (BRC a conclut des contrats avec le Ministère de la Défense et la Sonatrach d’une valeur de près de 2,5 milliards de dollars). En 2007, son PDG, Abdelmoumen Ould Kaddour a été condamné par le tribunal militaire de Blida à 30 mois de prison pour divulgation de secret-défense. Il est sorti de prison en 2009. Il a aussitôt quitté l’Algérie pour se rendre en France, avant qu’il ne soit rappelé en 2017 pour diriger la Sonatrach.

Elyas Nour