Devenus la cible de prédilection des salafis, les imams formés dans les zaouïas passent à l’offensive en réclamant un arsenal juridique criminalisant le « takfir », ou l’excommunication. Selon Djelloul Hadjimi, secrétaire général de la  Coordination nationale des imams et des fonctionnaires des Affaires religieuses, c’est cette même pratique qui fut à l’origine de la tragédie des années 1990.   

« La douloureuse expérience des années 1990 est le fait de la doctrine du takfir. L’extrémisme religieux a couté la vie à beaucoup d’Algériens et c’est pour cela que l’État doit agir pour prémunir la société des doctrines importées », a-t-il souligné.

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La meilleure façon de prémunir la société contre un tel danger serait selon lui, d’élaborer un arsenal juridique criminalisant le takfir et ce, en prenant en considération le caractère sensible de la chose, a-t-il encore avancé dans un entretien avec El Bilad.

L’initiative lancée par la Coordination nationale des imams et des fonctionnaires des Affaires religieuses reflète une certaine inquiétude des cercles soufis, notamment après que le cheikh Ferkous ait ouvert les hostilités contre eux, en les excommuniant.

La coordination est allée encore plus loin, en accusant les partisans de cette doctrine obscurantiste, d’œuvrer pour les dessins de forces étrangères. À son sens, les idéologies importées agissent comme un poison qui contamine le référent religieux national.