L’ancien officier des services secrets algérien, Mohammed Elias Rahmani, est intervenu, une nouvelle fois, en donnant une lecture tout à fait différente de celle qui est reprise çà et là, concernant l’affaire des 701 kg de cocaïne. Fort de son expérience au sein de la Direction centrale de la sécurité de l’armée (DCSA) il évalue à leurs justes mesures, les menaces qui peuvent peser sur la sécurité de l’armée et par ricochet sur la sécurité nationale. Selon lui, l’affaire des 701 kg de cocaïne n’est pas une simple affaire de trafic de drogue, dans la mesure où l’enquête a dévoilé un vaste réseau d’espionnage et d’influence impliquant des enfants de hauts dignitaires. L’affaire cocaïne-701 est donc une vaste opération de déstabilisation.    

Dans une interview accordée au média russe Sputnik, l’ex-officier soutient la thèse d’un réseau de narco terrorisme complexe, dans lequel Kamel Chikhi ne serait qu’un pion. Il évoque même, une attaque à caractère paramilitaire contre l’Algérie orchestrée par des pays tiers.

Dans son analyse, il décortique toute cette affaire sans négliger le moindre détail. Pour répondre à ceux qui posent la question de savoir pourquoi c’est l’armée qui est intervenue et non la police ? Ce dernier révèle que les informations concernant cette affaire ont été transmises par «une entité européenne, en l’occurrence franco-espagnole», dans le cadre de la coopération dans la lutte antiterroriste. Les informations ont donc été reçues par les services de renseignements et non par un autre corps de sécurité, et l’intervention de l’armée est parfaitement justifiée.

Pour l’ancien officier des services algériens, l’Espagne et la France n’avaient aucun intérêt à retenir le bateau transportant la cocaïne. Les enjeux étaient tout autres. Selon lui, l’objectif n’était autre que celui de savoir la destination du navire d’autant plus que les services français et espagnols sont intrigués par la technique employée pour transporter cette marchandise. L’utilisation de balise GPS émettant un signal de repérage ainsi que le mode de paiement de cette cocaïne ne laissaient aucun doute. Il s’agissait bien d’un réseau de narco-terrorisme utilisant la drogue comme moyen de paiement pour l’achat d’armes.

Tout au long de son entretien, Elias Rahmani a tenté d’expliquer que l’affaire cocaïne-701 impliquait des acteurs très organisés. Il s’agit donc d’une vaste opération orchestrée par des États, tant les moyens utilisés, les techniques employées et le réseau tentaculaire construit étaient complexes. On parle ici d’un réseau d’espionnage et d’influence, qui a même réussi à recruter des fils de hauts dignitaires et responsables de l’État.

L’ancien officier parle même de «recrutement à caractère idéologique et religieux». «Le faisceau d’indices recueillis par les officiers des services algériens montre effectivement que certains pays sont derrière cette opération».

Affaire des 701 kg de cocaïne  / Un réseau d’espionnage et d’influence découvert, selon un ancien de la DCSA
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