La Grande mosquée d'Alger, l'un des projets chers au Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, n'aura finalement pas son tapis persan. Le gouvernement semble décidé à s'orienter vers un producteur national, en l'occurrence "Tapis d'Or". La proposition a été faite mercredi dernier, en Conseil des ministres, par le ministre de l'Habitat, Abdelouahid Temmar, a indiqué aujourd'hui le quotidien arabophone El Khabar. Et le marché aurait été octroyé de "gré à gré" alors que sa valeur est énorme (le tapis devra couvrir la salle principale de prière d'une superficie de près de 10 000 mètres carrées) et qu'il existe d'autres producteurs nationaux. Ce qui risque de soulever encore plus des questionnements au sujet de cette "affaire" vu qu'une polémique a déjà éclaté l'année dernière lorsque des médias avaient révélés que la mosquée allait être dotée d'un tapis persan, importé d'Iran bien évidemment, et d'un cout de plusieurs millions de dollars. Or, le ministre des Affaires Religieuses, Mohamed Aissa, avait affirmé en octobre 2017 que "l’Algérie n’a pas acheté ne serait-ce qu’un seul mètre de tapis pour recouvrir le sol de la Mosquée d’Alger, que ce soit auprès de l’Iran ou d’ailleurs”. D'après lui, le tapis, dont un premier quota (le tapis est constitué de plusieurs morceaux distincts) est arrivé au port d'Alger en 2014, est un "don" d'un citoyen algérien, dont l'identité n'a jamais été révélée. Que va faire le gouvernement alors de ce tapis persan qui a déjà été livré ? Pas de réponses à ce sujet. En tous cas, c'est la deuxième fois qu'un membre du gouvernement tente d'imposer un tapis algérien. En 2017 déjà, lors de son court passage à la chefferie du gouvernement, Abdelmadjid Tebboune, avait tenté d'imposer le tapis algérien, mais en vain. Cette fois-ci la proposition pourrait être adoptée.

Elyas Nour

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