Des jeunes ont réussi, avant-hier, à faire annuler des concerts qui étaient prévus dans la soirée du même jour, respectivement à Boumerdes et Ouargla. C’est sur les réseaux sociaux que le mot d’ordre a été lancé. Si certains avaient exprimés des arguments liés aux priorités pour ce qui est des attentes des citoyens, d’autres ont carrément avancés leurs convictions religieuses. Les appels pour faire annuler des soirées étant anonymes, difficile d’identifier les réelles motivations des uns et des autres. A Ouargla, ce sont quelques centaines de jeunes qui ont commencé à affluer dès la fin de l’après-midi vers le théâtre de plein air de la ville, où le concert devait commencer à 20h30. Sur place, ils avaient exprimés des slogans relatifs à leur cadre de vie (facture d’électricité, distribution d’eau potable…), avant de faire en groupe la prière d’Al Icha, et ce, devant une forte mobilisation policière dépêchée sur les lieux pour parer à un quelconque dépassement. Le gala, organisé par l’Office nationale des droits d’auteurs (ONDA), allait voir la participation de chanteurs connus tel que “Kader Japonais”. La même chose s’est déroulée donc à Boumerdes, où le concert qui devait avoir lieu, avant-hier soir, au niveau du “jardin de la victoire”, au chef-lieu de la wilaya, a été tout simplement annulé après que quelques centaines de jeunes se sont rassemblés sur place en début de l’après-midi pour réclamer l’annulation de l’événement. Beaucoup d’entre eux, habitant le quartier limitrophe, ont évoqués les “nuisances sonores” provoqués par “l’excès de décibels”. Il faut remonter au temps de l’ex-FIS, au début des années quatre-vingt-dix, pour voir des concerts annulés sous pression “citoyenne”. Le phénomène a disparu depuis, mais ces derniers temps il y a de plus en plus de réclamations allant dans ce sens. Il y a moins de deux semaines, un gala a également été annulé à Jijel.

Elyas Nour