Le numéro deux du Hamas palestinien, Moussa Abou Marzouk, a provoqué hier une véritable polémique au sujet de l'élection de l'israélien, Yuval Shany, le 2 juillet dernier, à la tête du "Comité des droits de l'homme" relevant du Haut-commissariat des droits de l'homme des nations unis (HCDH). Sur sa page "twitter", celui-ci a affirmé que les trois délégués arabes membre de ce Comité, le tunisien Yadh Ben Achour, l'égyptien Ahmed Amin Fathalla, vice-président, et le mauritanien Bamariam Koita, ont voté pour l'israélien. "Il est incompréhensible qu'Israël préside le comité des droits de l'homme alors que toutes ses résolutions dénoncent le comportement des dirigeants de ce pays". Il est utile de relever, à ce titre, que le responsable du Hamas entretien l'amalgame entre deux entités distinctes. Le Comité des droits de l'homme, sujet de la controverse, composé de 18 experts indépendants dont le seul rôle est de "surveiller la mise en œuvre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques par les États parties", et le Conseil des droits de l'homme qui est "un organe intergouvernemental du système des Nations Unies, composé de 47 États qui ont la responsabilité de renforcer la promotion et la protection des droits de l'homme autour du globe". C'est ce dernier, auquel Israël n'a jamais adhéré d'ailleurs, qui a l'habitude de dénoncer la politique israélienne envers les palestiniens. Pour le reste, Yuval Shany, vice-président de l'Institut israélien de la démocratie et membre de la faculté de droit de l'Université hébraïque, a bien entendu été élu à ce poste à l'"unanimité" par les 18 membres du Comité. Voulant apporter des précisions, l'un des trois "mis en cause", le tunisien Yadh Ben Achour, parle d'une "désignation" et non d'un "vote". Qu'elle est la différence entre les deux ? Pour Ben Achour, l'arrivée de l'israélien à la tête du Comité des droits de l'homme, celui-ci ayant remplacé l'ancien président le japonais Yuji Iwasawa, nommé le 22 juin par le Conseil de Sécurité comme juge à la Cour internationale de Justice, est "provisoire" puisqu'une élection est prévue en mars 2019. Le tunisien ajoute aussi que le 2 juillet, lors de cette désignation, il n'était même pas présent à la réunion auquelle il est arrivé deux jours plus tard en raison d'engagements professionnels. En tous cas, l'affirmation du responsable du Hamas palestinien a enflammé les réseaux sociaux. Les gouvernements de la Tunisie, de l'Egypte et de la Mauritanie ont été mis dans l'embarras.

Elyas Nour

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