Le Comité des droits de l’homme de l’ONU recommande l’amendement de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Selon lui, l’Algérie est de plus en plus mal vue par les instances internationales.

C’était le cas, hier, du Comité des droits de l’homme de l’ONU, qui avait examiné le rapport initial présenté par Lazhar Soualem, Directeur des droits de l’homme au Ministère algérien des Affaires étrangères, sur les mesures adoptées par le pays pour mettre en œuvre les dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Les experts du comité onusien ont « exprimé des préoccupations s’agissant de la liberté de la presse et des organisations de la société civile suite à l’adoption de deux lois qu’ils estiment restrictives ». L’un d’eux a relevé, par ailleurs, que le rapport présenté par le responsable algérien « contenait un grand nombre de références au terrorisme, apparaissant comme une mélodie cachée qui ne doit pas nécessairement justifier toutes les décisions prises par le pays en matière sécuritaire ».

Beaucoup d’entre eux ont, aussi, ouvertement critiqué la Charte pour la paix et la réconciliation nationale qui interdit tous recours à la justice même dans les cas de dépassements des services de sécurité. Un texte de loi qualifié « à de nombreuses reprises par le Comité comme étant contraire aux dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ». « L’Algérie envisage-t-elle de réviser certaines dispositions de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale qui interdisent toute poursuite contre des éléments des forces de défense et de sécurité », s’est demandé l’un des experts. Les membres du Comité des droits de l’homme ont également posé des questions relatives à l’interdiction des manifestations dans la capitale.

Un autre a voulu savoir si le DRS a avait été réellement dissous. Lazhar Soualem a tenté d’apporter quelques réponses. D’après lui, l’Algérie garantis la liberté d’expression, religieuse, de l’exercice syndicale, de la justice et de manifester. Dans la capitale, dira-t-il, il faudrait que l’organisateur soit sûr de maitriser la situation. Par ailleurs, pour ce qui est de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, c’est « une réponse démocratique», puisqu’ »approuvée à 97% par la population algérienne ».  « La question de l’amendement de la Charte est à poser à la population algérienne », a estimé Soualem. Il faut noter, en dernier lieu, que le Comité des droits de l’homme de l’ONU « adoptera, dans le cadre de séances privées, des observations finales sur le rapport de l’Algérie, qu’il rendra publique à l’issue de la session, qui se termine le 27 juillet prochain », comme indiqué sur son site Internet.

Elyas Nour

Selon le Comité des droits de l’homme de l’ONU / L’Algérie justifie des dépassements par la lutte antiterroriste 
3 (60%) 1 vote