La Présidence a ordonné le financement d’un musée à la gloire du rebelle Matoub Lounès. Ce geste a déclenché une polémique très violente sur les réseaux sociaux. Les opposants et les partisans de cette initiative s’échangent les insultes. D’autres s’interrogent pourquoi, la famille Matoub a accepté ce cadeau empoisonné ?

« J’ai reçu (…) madame Malika Matoub, présidente de la fondation Matoub Lounès et je lui ai fait prendre connaissance de la décision du président de la République, Abdelaziz Bouteflika qui a approuvé le projet de réalisation d’un musée pour préserver la mémoire du défunt Lounès Matoub et son héritage artistique et culturel (…). Malika a fait part de sa reconnaissance à monsieur le président de la République », a écrit le ministre de la Culture Azzedine Mihoubi dans un tweet.

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La tenace sœur du Rebelle, Massa Malika Matoub reste déterminée à inscrire le nom et le lègue du poète et militant de la cause berbère au patrimoine universel de l’UNESCO. « C’est la seule façon pour que la mémoire de Lounès traverse les siècles ».

Cela dit, il y a ce un prix à payer. Pour que le dossier de la fondation Matoub soit accepté par l’instance onusienne, il faut que le patrimoine en question soit reconnu par l’Etat Algérien, autrement dit, par ces mêmes autorités que le rebelle a combattu avec tant d’ardeur.

Malika accepte donc de formuler la demande a ce même régime qu’elle accuse d’avoir assassiné son frère un malheureux jeudi 25 juin 1998.  La veuve Matoub ne l’entend pas de cette oreille. Pour elle, pactiser avec le pouvoir est une atteinte à la mémoire de son défunt époux.

Cette position, Malika Matoub ne là partage pas, car pour elle, la perpétuation du lègue du rebelle est une fin bien plus supérieure à tous les calculs politiciens. Ce pouvoir finira par partir un jour, mais le nom du rebelle scintillera  pour l’éternité.