L’APN a été assailli ce mardi par des députés de la majorité (FLN – RND). La porte d’entrée a été cadenassée tel un vulgaire box. On a voulu interdire l’accès à Saïd Bouhadja. Ce dernier a réagi en soulignant l’illégitimité de l’action et son initiateur. Une illégitimité cautionnée jusqu’ici, car Ould Abbès jouit du soutien de la présidence. Cette situation tragique n’est en fin de compte que la conséquence d’un déséquilibre profond des institutions de l’État. 

De l’illégitimité d’Ould Abbès    

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Saïd Bouhadja a répondu aux questions de notre confrère de Liberté Mehdi Mehenni, à propos de l’incident de mardi. Le P/APN a carrément remis en cause la légitimité d’un Djamel Ould Abbès qui se maintient à la tête du FLN par le hasard des choses et par les bonnes grâces de la résidence de la République. En se référant aux statuts du parti, Bouhadja met en exergue le fait que l’actuel patron du FLN n’a pas été élu par le comité central.

« Je tiens à rappeler que les statuts du parti veulent que l’intérim revienne au plus âgé. Je précise que le comité central n’a pas tenu de réunion depuis deux ans, alors que les statuts du parti exigent au moins une réunion par an, pour notamment encadrer le travail du bureau politique », a-t-il détaillé.

Au vu de la situation, Saïd Bouhadja explique que les agissements du bureau politique s’inscrivent dans l’illégalité, vu qu’il n’a pas été approuvé par le comité central ». Toutes ses actions, et compris celle commise ce mardi matin, sont, selon lui, considérées comme illégales.

Ce qui interpelle, c’est qu’Ould Abbès trône à la tête de l’ex-parti unique depuis deux ans. À ce jour, on ne lui a jamais reproché l’illégalité de son action. Saïd Bouhadja le reconnait lui-même. Ould Abbès a été imposé. C’est donc un choix par défaut et tout le monde a applaudi. Le patron du FLN a lui-même fait remarquer, à maintes reprises, qu’il jouit du soutien de la présidence.

Du chevauchement entre le pouvoir législatif et exécutif  

La crise qui secoue l’APN actuellement a pour origine la quasi-inexistence de la séparation des pouvoirs. Force est de constater que le malaise actuel au sein de la présidence de la république, notamment à cause de l’impasse politique à laquelle a abouti le régime, a détint sur toutes les institutions de l’État qui se retrouve otages d’une situation. Le cas Bouhadja demeure un exemple probant. Alors que ni la Constitution ni les statuts de l’APN ne le prévoient, il a déclaré, à maintes reprises, que son sort est entre les mains du président de la République. « C’est lui qui m’a proposé à ce poste. S’il me demande de partir, je quitte mon poste. S’il me demande de rester je reste ».