Le syndicat algérien des éditeurs de la presse électronique (SAEPE) a organisé une conférence de presse ce mercredi. Cette rencontre fut l’occasion d’exprimer le soutien de la presse électronique avec les confrères qui se trouvent actuellement en prison, mais aussi, d’aborder le destin de cette presse électronique sujette à tous les dépassements.    

Une persécution et des « vices de forme ». C’est de cela qu’il s’agit selon le journaliste Saïd Boudour, qui est également membre du SAEPE. Faisant le point sur tout ce qui s’est passé depuis le début de ces arrestations, Boudour a relevé plusieurs dépassements et plusieurs transgressions de la procédure standard. Les dossiers d’Abdou Semmar, Merouane Boudiab, Adlane Mellah, Lies Hadibi et Abdelkrim Zeghilache sont donc frappés de « vice de forme ».

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« La façon avec laquelle ils ont été convoqués et le refus imposé à Adlane Mellah de voir son avocat avant sa comparution devant le procureur sont non conformes au code des procédures pénales », a-t-il souligné, avant que les autres intervenants ne se posent la question de savoir comment se fait-il que l’un des plaignants, en l’occurrence Ennahar, se livre aux mêmes pratiques qu’ils reprochent au prévenu, et ce, sans qu’il ne soit inquiété. L’on a, encore une fois dénoncé avec véhémence le non respect du principe de la présomption d’innocence. Le SAEPE a dénoncé le « recours abusif et injustifié à l’emprisonnement de journalistes de la presse électronique et a revendiqué leur remise en liberté dans l’attente de leur jugement « si l’instruction sereine du dossier le recommande ».

Cette persécution n’est selon Ihsane El Kadi, éditeur de presse électronique et directeur de Maghreb Emergent et de Radio M, le résultat de la volonté des autorités de ne pas reconnaitre cette presse électronique qui gagne de l’influence, ce qui fait qu’elle est devenue gênante.

« Nous attendons plus que jamais du ministre de la Communication des mesures concrètes pour lever l’embargo institutionnel dont est victime la presse électronique », indique-t-il au nom du SAEPE.

Rappelons qu’Abdou Semmar, journaliste et propriétaire du site d’informations Algérie Part, est poursuivis selon son avocat pour diffamation suite à une plainte déposée par Ennahar TV et le wali d’Alger Abdelkader Zoukh, sera jugé jeudi 8 novembre au tribunal de Bir Mourad Raïs à Alger.