Après ne période de tractation dans laquelle le ministre des Affaires religieuses s’était exprimé avec une certaine fermeté, ce dernier semble avoir entamé un demi-tour en annonçant un dialogue avec le syndicat national des imams sans imposer de conditions préalables. Le régime redoute-t-il la symbolique d’une action de protestation des imams dans les rues ?

« La dignité des imams est capitale », a écrit le ministre des Affaires religieuses Mohamed Aïssa dans le dernier d’une série de nombreux posts Facebook destinés aux imams. M. Aïssa signifie qu’il a reçu une lettre de la part du syndicat national des imams et des fonctionnaires du secteur des affaires religieuses et des waqfs appelant à la reprise du dialogue avec leur tutelle.

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« J’ai demandé à ce qu’on communique au syndicat mon accord officiel pour toutes les conditions posées et que le ministère ne pose aucune condition préalable au dialogue », a-t-il expliqué.

À peine quelques heures après que le ministre est publié un post Facebook à travers lequel il avait menacé les imams qui s’aventureraient à tenir un rassemblement de protestation dans les rues par l’usage de la force de répression légitime, le responsable fait machine arrière en adoptant un ton plus conciliant.

Il faut dire que les imams avaient réagi aux menaces de M. Aïssa en soulignant que la manifestation est un droit légitime consacré par la Constitution algérienne et que les imams sont des citoyens comme les autres. Une réponse qui semble avoir atteint son but, car le ministre a décidé d’abandonner les conditions qu’il avait posé avant d’entamer une négociation avec les turbans blancs.

M. Aïssa avait interdit d’intégrer le Statut actuel des fonctionnaires relevant du ministère des Affaires religieuses au menu des discussions, pour éviter d’éventuelles tractations sur les salaires, mais la levée de cette interdiction ne signifie nullement que cette augmentation va être attribuée. Une telle décision déclenchera une réaction en chaîne  dans tous les autres secteurs relevant du public.

Il faut croire que malgré ce risque de réaction en chaîne qui peut être provoquée par la satisfaction des requêtes du syndicat des imams, le ministre des Affaires religieuses et à travers lui, le pouvoir en place est enclin à jouer le jeu, du moins en apparence, pour calmer les esprits.

Il n’y a pas de doute sur le fait que le régime est conscient du danger que peut représenter pour lui une action de rue menée par des imams, et toute la symbolique qui en émane.  Et c’est pour cela qu’il a adopté une stratégie d’apaisement,à travers des appels multiples et incessants au dialogue.

Ce n'est pas un hasard, si cette stratégie ressemble à s'y méprendre à celle qui avait été utilisée avec le Collectif autonome des médecins résidents algériens (CAMRA). Après de longs mois de grève,ponctué de plusieurs rounds de négociations, le CAMRA avait connu des tensions internes. Une partie de ses membres issus de milieux modestes 
avait décidé de reprendre du travail quand leurs ressources financières se sont épuisées. Cela avait eu raison de leur mouvement.