Dans un éditorial publié dans le 666e  numéro de la revue El Djeich du mois janvier 2019, les services de communication de l’ANP ont publié une violente diatribe dont la cible semble être le général à la retraite Ali Ghediri. Les multiples interpellations de l’ex-directeur des personnels de l’armée, concernant les élections présidentielles de 2019, n’ont pas été du gout de l’actuel patron de l’ANP. Ce dernier avait déjà tiré une salve dans un communiqué au langage cru, avant que ses services remettent ça dans un éditorial au titre évocateur. On a, également, fait référence à l’aigle et au corbeau ! Comme pour marquer une certaine supériorité.    

« La Caravane passe…». Tel est le titre choisi pour cet éditorial qui commence d’emblée par faire le bilan des réalisations de l’institution militaire durant l’année écoulée. Pour le lectorat de ce type de revue, rien de révolutionnaire. L’auteur explique que les objectifs tracés par le chef suprême des armées, ministre de la défense ont été atteints grâce aux orientations du vice-ministre de la Défense et chef d’état-major de l’armée. Jusqu’ici, rien d’inhabituel.

Arrivé à la fin de la deuxième colonne de l’éditorial, les choses se corsent. À l’image du communiqué publié récemment sur le site internet du MDN, le ton employé est très violent, voire même, méprisant. Il est encore une fois question de ces « cercles occultes » aux intentions inavouées. Des allusions à un complot aux contours flou son faites, mais sans plus de détails.  

« Toutes ces réalisations, à tous les niveaux, ne sont pas pour plaire à certains esprits aigris à la vision étroite, poussés par certains cercles occultes, qui se sont attribué des rôles dépassant leur niveau de compétence, au mépris de tout respect des principes d’humanisme et des valeurs morales ».   

Là également, rien qui ne permet d’identifier ces « cercles occultes ». L’éditorial se contente de révéler leurs « dessins », sans pour autant avancer le moindre indice sur l’identité de ses membres.

« Ils s’autorisent à donner leur avis sur toutes les questions, comme celles relatives aux prochaines élections présidentielles, clamant qu’il faut donner la chance aux jeunes, appelant le vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’ANP, à prendre ses responsabilités pour consolider les acquis démocratiques, en se prévalant d’un pseudo pragmatisme afin de minimiser les acquis enregistrés sur le plan sécuritaire, sans oublier d’autres sujets et problématiques ».

Ce qui fait de cet éditorial, un texte hors norme, c’est son paragraphe ultime. Ce dernier fait référence à ces « cercles occultes » dont Ali Ghediri ferait partie.  Des cercles occultes conjugués au pluriel et apparentés au corbeau. Une référence souvent employée par les fabulistes pour designer par la métaphore, un personnage faible et gourmand. L’aigle symbolise, dans le même registre, l’insaisissable.

« Ces vains agissements et ces idées tendancieuses sont malheureusement véhiculés par les plumes d’anciens militaires à la retraite nourrissant des ambitions et des visées personnelles, au détriment de l’ANP qui les a accueillis pendant des années, leur assurant tous les moyens, notamment sur le plan de la formation. Les cris des corbeaux ne sauraient atteindre l’aigle ni même le perturber ou se confronter à lui ».

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