Des décennies que ce n’est pas arrivé ! Les rassemblements aux revendications politiques sont de retour dans les universités algériennes et celles-ci ne demandent rien de moins que la mise à la poubelle du régime politique et du système en général. 

Les universités ont bougé et la peur s’est dissipée. Les manifestants s’accrochent au caractère pacifique de leur action et scandent des slogans contre le pouvoir. Tout compte fait, la peur a changé de camp dans la rue comme dans l’université.

À l’école supérieure des Sciences politiques et de l’Information comme à la faculté des sciences politiques à Ben Aknoun (Alger), ont occupé les espaces et les établissements ont fini par être fermés afin d’isoler les protestataires à l’intérieur.

Les étudiants qui ont tenté de s’introduire pour rejoindre leurs camarades ont été malmenés par les forces de l’ordre, mais cela ne les a pas empêché d’improviser une marche à l’extérieur. Une marche qui a, bien sûr, été  réprimée !

Les slogans scandés sont les mêmes que ceux qui ont retenti dans le ciel des 48 wilayas de l’Algérie vendredi et à Alger dimanche. Cela ne peut qu’être qu’une preuve du début de la reconstruction des liens entre le peuple qui s’exprime dans la rue et ses élites futures à l’intérieur des universités.

Les étudiants ont scandé ! « Pouvoir assassin », « Ya babor Ellouh », en référence au drame des haraga, « Achaab la yourid Bouteflika wa Saïd », littéralement : « le peuple ne veut pas de Bouteflika et de son frère Saïd », ou encore « Ya Ouyahia ya djaban, achaab maho farhan », « Ouyahia tu es un lâche. Le peuple n’est pas content ». Cette jeunesse a également récité en cœur…l’hymne national.

Nous avons également pu constater que les étudiants ont refusé que les journalistes s’approchent d’eux, tout en leur reprochant leur absence lors des manifestations historiques de vendredi. Cette attitude se doit d’être corrigée, car en agissant de la sorte, les manifestants se privent de la visibilité que peuvent leur rapporter certains de ces médias qui n’ont d’autre choix que de descendre au terrain pour couvrir « des événements aussi visibles ».

Nous avons également pu remarquer que la population a tenu à apporter sont soutien aux étudiants en leur faisant parvenir, à travers la clôture métallique, des bouteilles d’eau.

À la fin nous nous excusons auprès de nos lecteurs pour la qualité médiocre des Lives diffusés. Les perturbations que connaissent les réseaux internet ADSL/3G/4G, nous poussent à nous interroger sur les raisons de ce problème qui survient à chaque fois que des manifestations ont lieu.

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