Ibrahim Laalami, arrêté par les forces de l’ordre après la marche contre le cinquième mandat vendredi à Bordj Bou Arreridj, a été libéré. Dans un enregistrement vidéo, il raconte son arrestation et explique le pourquoi de sa démarche et son engagement contre le cinquième mandat. Un témoignage poignant reflétant le désespoir de la jeunesse : « Si Bouteflika est encore là après le 18 avril, je pars en harraga ».

Après avoir mené la marche contre le cinquième mandat vendredi à Bordj Bou Arreridj, Ibrahim Laalami a été arrêté par les services de sécurité et interrogé à propos de l’action à laquelle il avait appelé.

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Durant l’interrogatoire, on lui a demandé de fournir « les noms des gens qui lui ont demandé d’organiser cette marche » Une pratique courante des services de sécurité et plus généralement, des politiques qui sont convaincus que tous ceux qui s’opposent au système ne peuvent qu’être instrumentalisés dans une sorte de conspiration! Cela traduit, malheureusement, tout le mépris qu’ont les acteurs du régime des principes de démocratie et de citoyenneté.

Interrogé sur ses motivations, le jeune a insisté sur l’aspect pacifique de son combat. « On veut que cette jeunesse ait sa chance, qu’elle ait de l’espoir. La majorité de ceux qui ont marché avec nous n’ont connu que Bouteflika. Autrement dit, ils n’ont rien connu et ils ont été privés d’espoir. Les gens qui sont partis en harraga l’ont fait parce qu’ils ont perdu l’espoir et nous, nous voulons faire tomber ce régime de mafieux pour recouvrer notre dignité. »

À la question de savoir ce qu’il ferait si Bouteflika rempilait, Ibrahim assure que « si Bouteflika est encore là après le 18 avril, je pars à bord d’une embarcation de fortune. Sinon je vais dans un pays comme le Mozambique tout en sachant que je vivrais dans un pays pauvre au lieu de vivre en  Algérie, où je serais pauvre dans un pays riche »