Au-delà des trahisons et des retournements de veste opérés ces derniers jours par le (FLN/RND) ainsi que l’UGTA, le soutien à l’activation de l’article 102 dans sa forme la plus rigide est une tentative manifeste de se remettre sur les rails et revenir aux affaires ! 

Le RND a été le premier à exprimer son soutien à l’appel exprimé hier par Ahmed Gaïd Salah depuis Ouargla ! Des cadres du parti ont même insinué qu’Ahmed Ouyahia prépare sa candidature aux prochaines élections présidentielles !

Le FLN et l’UGTA lui ont emboité le pas, ce mercredi, saisissant la perche qui leur a été tendue par le tout puissant chef d’état-major de l’armée. Le régime a fini par comprendre qu’il fallait sacrifier Bouteflika à travers l’application de l’article 102. L’actionnement de cet article de la constitution une opportunité pour le régime de rebondir !

Après cinq vendredi et une multitude de manifestations qui se tenaient quasi quotidiennement dans les rues, le FLN/RND, ainsi que l’UGTA étaient devenus des coquilles vides vouées à disparaitre ! L’histoire retiendra que Gaïd Salah est en passe de les sortir des abimes.

Ce qui garanti à ces appareils du pouvoir de revenir sur la scène c’est l’application des dispositions de l’article 104* de la constitution. Cet article de la constitution est lié à l’activation de l’article 102. Si les choses se déroulent comme le puissant chef des armées le prévoit, l’activation des articles 102, 103, 104 permettra à Abdelkader Bensalah (RND) de présider le pays par intérim, à Mouad Bouchareb (FLN) de présider l’APN et à Tayeb Belaiz, pur produit du régime, à la tête du Conseil constitutionnel. Une provocation !

Si la transition voulue par le chef d’état-major de l’armée se décline dans cette forme, la révolution citoyenne menée par les Algériens depuis le 22 février sera tout simplement vouée à l’échec ! Quelques constitutionnalistes restent, cependant, optimistes en soutenant qu’il sera toujours possible d’inventer des mécanismes afin de garantir une transition transparente loin de toute tentative de sape.

Un optimisme qui n’est pas du gout de tout le monde. D’aucuns restent  tourmentés par le spectre de la douloureuse transition « opérée » dans les années 1990. On redoute un scénario similaire, à des différences près.

On dit souvent que chaque État a une armée et qu’en Algérie, c’est l’armée qui a un État ! Gardons cette image à l’esprit !

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  • Art. 104. — Le Gouvernement en fonction au moment de l’empêchement, du décès ou de la démission du Président de la République, ne peut être démis ou remanié jusqu’à l’entrée en fonction du nouveau Président de la République.
  • Dans le cas où le Premier ministre en fonction, est candidat à la Présidence de la République, il démissionne de plein droit. La fonction de Premier ministre est assumée par un autre membre du Gouvernement désigné par le Chef de l’Etat.
  • Pendant les périodes prévues aux articles 102 et 103 ci-dessus, il ne peut être fait application des dispositions prévues aux alinéas 7 et 8 de l’article 91 et aux articles 93, 142, 147, 154, 155, 208, 210 et 211 de la Constitution.
  • Pendant ces mêmes périodes, les dispositions des articles 105, 107, 108, 109 et 111 de la Constitution ne peuvent être mises en œuvre qu’avec l’approbation du Parlement siégeant en chambres réunies, le Conseil constitutionnel et le Haut Conseil de Sécurité préalablement consultés.