Panique à bord ! Le ralliement des magistrats et leur soutien à la dynamique populaire ont entraîné la prise de mesures arbitraires de la part des autorités, renvoyant le régime face à ses propres contradictions. Les juges ayant ouvertement soutenu le mouvement de contestation sont actuellement soumis à de fortes pressions se traduisant des fois, par des tentatives d’intimidation. L’on évoque même des décisions de radiation. Il est donc légitime de soupçonner l’existence d’une volonté de mettre hors jeu tous les magistrats ayant exprimé leur détermination à mettre fin à l’état d’impunité à la justice aux ordres!   

Le soutien affiché par les magistrats et leur ralliement à la cause du peuple fait trembler le régime. La permanence de l’état d’impunité et la mainmise de l’exécutif sur l’appareil judiciaire sont menacées par la volonté de ces magistrats à barrer la route à cette mafia au sommet de l’État qui a su faire mousser ses affaires dans ce climat de non-droit.

Dans une ultime tentative d’isoler ces magistrats, les autorités ont pris des mesures qu’on peut qualifier d’arbitraires. Dans un article publié ce dimanche par El Watan, il est expliqué que « le ministre de la Justice, Tayeb Louh, et des présidents des cours sont accusés de vouloir se «venger» des juges qui «n’ont pas respecté le droit de réserve» en se déclarant publiquement favorables au mouvement et en refusant d’appliquer des instructions de condamner des manifestants arrêtés lors des marches ».

L’intimidation est l’un des instruments utilisés par les tenants du pouvoir. Cela se traduit notamment par des menaces de mesures conservatoires telles que les suspensions et les mutations. Certaines sources évoquent des dizaines de décisions de radiation ayant été validées !

Dans un communiqué rendu public, « La Ligue algérienne de défense des droits de l’homme apprend que des juges près de la Cour de Tipaza sont sous la menace de mesures conservatoires de la part de la présidente de la Cour. Des suspensions et des mutations seraient en préparation contre eux. Cette présidente reproche aux juges leur ralliement a la cause du peuple et d’avoir tenu un rassemblement pacifique devant la Cour le dimanche 17 mars 2019 ».

Outre les tentatives d’intimidation, l’on évoque la radiation de 86 magistrats sur décision du ministre de la Justice. Cette information n’a toujours pas été confirmée.

La feuille de route maintes fois présentée à travers les messages attribués au président de la République se voit entachée par l’exercice autocratique et répressif du pouvoir par les figures du régime. Les tenants du pouvoir ont perdu leur crédibilité et cela ne date pas du 22 février. Les manœuvres qu’ils tentent d’orchestrer, à travers leur tentative biaisée de transition, ne marchent plus, car aujourd’hui, personne n’est dupe !

En plus de ces millions d’Algériens sorties (on évoque la sortie de plus de 18 millions de personnes dans les rues) pour revendiquer le démantèlement du système, des secteurs entiers commencent à se déconnecter de ce système mortifère. Celui des hydrocarbures, de la justice, des TIC, de la santé, de l’éducation, l’université…et tant d’autres ont exprimé leur soutien à la cause du peuple dont ils font partie. Aujourd’hui plus que jamais, le régime algérien est illégitime !

Notez cet article