Un message écrit attribué à Abdelaziz Bouteflika, a été lu hier par son directeur de campagne, Abdelghani Zaalane. Le message en question traduit un certain nombre d’engagements qui ne répondent pas aux revendications du peuple Algérien. Dans cette lettre adressée à la nation, les tenants du pouvoir s’engagent à démanteler le système qui a fait d’eux ce qu’ils sont aujourd’hui. En réalité, ils veulent donner un nouveau visage au régime et non le faire disparaître! 

Le régime a d’accouché d’une deuxième « lettre-programme » ! Celle-ci donne l’impression d’être révolutionnaire, mais en réalité, elle reflète le paradoxe du système politique algérien.

La pression de la rue a contraint les tenants du pouvoir à revoir leur copie. Cependant, l’option du cinquième mandat a été maintenue. Et le contenu du message attribué à Abdelaziz Bouteflika ne contient que des promesses en décalage avec la volonté populaire qui ne réclame rien de moins que le renoncement au cinquième mandat et le démantèlement du régime et du système.

Au lieu de répondre favorablement aux revendications populaires, les tenants du pouvoir imposent leur propre feuille de route. Ils promettent la dissolution du système qui a fait d’eux ce qu’ils sont aujourd’hui. Ils savent pertinemment qu’en dehors de cette matrice ils ne sont rien !

Dans cette lettre, on a promis « l’élaboration et l’adoption par référendum populaire d’une nouvelle constitution qui consacrera la naissance de la Nouvelle République et du nouveau système algériens ». Le propos est paradoxal, dans la mesure où il reconnait que la constitution actuelle est taillée sur mesure pour garantir la perpétuation du régime. Pourant, on a cessé, ces vingt dernières années de faire l’éloge des avancées démocratiques réalisées sous l’ère Bouteflika. Dans ce message, il est également question de répondre aux aspirations du peuple. Une autre « promesse-aveu » !

On nous a, également, promis, une « révision de la loi électorale avec notamment la création d’un mécanisme indépendant d’organisation des élections qui aura la responsabilité exclusive de l’organisation des élections ». Ce n’est, ni plus ni moins, qu’un coup fatal porté à légitimité de tous les scrutins précédents.

Le message attribué à Abdelaziz Bouteflika reconnait implicitement que la Haute instance indépendante de surveillance des élections (HIISE), créée en 2016 pour garantir la transparence des scrutins, n’est ni indépendant ni impartial. Pourtant, c’est le HIISE qui surveillera les élections présidentielles du 18 avril !

Les rédacteurs de ce message se sont également engagés  à organiser une élection présidentielle anticipée ! Cette promesse est un autre aveu qui démontre que les pôles du pouvoir n’arrivent toujours pas ç se mettre d’accord sur la suite des événements. Ce cinquième mandat raccourcit traduit la volonté des tenants du pouvoir de se donner le temps de rebondir pour mettre en place les conditions permettant une évolution du régime vers un autre modèle et non sa disparition.