Un message attribué au chef de l’État a été lu ce jeudi, par la ministre de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et du Numérique, Houda-Imane Feraoun, à l’occasion de la journée internationale de la femme. Ce message est en total déphasage avec une conjoncture marquée par des revendications claires, réclamant l’abandon du projet de cinquième mandat et le démantèlement définitif du régime et du système l’ayant engendré.  À cela, le message en question répond : « C’est le fruit de notre militantisme » !

« Nous avons enregistré, il y a quelques jours, la sortie de nombre de nos concitoyens et concitoyennes, à travers les différentes régions du pays, afin d’exprimer pacifiquement leurs opinions, et nous nous félicitons de cette maturité de nos concitoyens, y compris de nos jeunes, et du fait que le pluralisme démocratique, pour lequel nous avons tant milité, soit désormais une réalité palpable », indique le message en question, dont une partie a été reprise par l’APS.

C’est une tentative claire de s’approprier le caractère pacifique des manifestations qui ont lieu quasi-quotidiennement depuis le 22 février dernier et dont le monde entier est stupéfait, mais c’est, en même temps, un non-sens puisque le peuple algérien est sorti par millions, ces derniers jours, pour dire non aux pratiques du régime parmi lesquelles le musèlement de la presse, les atteintes aux libertés, dont celle de manifester. Le message lu par Houda Feraoun n’apporte aucune réponse aux revendications populaire concernant l’abandon du projet du cinquième mandat, ou encore la refondation du système politique.

Les rédacteurs de ce message se sont, ensuite, adressés à la nation pour tirer la sonnette d’alarme quant à des tentatives de manipulation. « Néanmoins, nous nous devons d’appeler à la vigilance et à la prudence quant à une éventuelle infiltration de cette expression pacifique par une quelconque partie insidieuse, interne ou externe, qui pourrait, qu’Allah nous en préserve, susciter la Fitna et provoquer le chaos avec tout ce qu’ils peuvent entraîner comme crises et malheurs ».

Comme de coutume, on a fait appel à la mémoire collective pour se remémorer les sacrifices du peuple algérien durant la guerre d’indépendance comme au temps du terrorisme.