Le président a démissionné poussé par le corps de l’armée. En vertu de l’article 102, le président du Conseil de la Nation ou à défaut le président du Conseil constitutionnel sont chargés de l’intérim.
Les objectifs sont la refonte de la constitution et la formation de nouveaux partis politiques. 
Décryptage de la situation par Massensen Cherbi, Chercheur en droit constitutionnel.
« D’après l’article 104, ils ne peuvent ni être à l’initiative d’une révision de la Constitution ni faire usage du référendum. Donc, dans la logique de cette constitution, il n’y a pas de révision durant la période d’intérim, donc élections présidentielles obligatoires, or le président ainsi élu disposera des mêmes pouvoirs que le président sortant c’est à dire très concentré.
Pour ceux qui veulent rester dans cette logique constitutionnelle. Il y aurait une possibilité, user du référendum même s’il est prohibé durant une telle période afin de réunir une constituante, a priori ce serait anticonstitutionnel, mais a posteriori cela deviendrait constitutionnel une fois validé par le peuple, c’est ainsi qu’en a jugé le Conseil constitutionnel français dans le cas de l’usage de l’article 11 en 1962, considérant qu’il ne pouvait pas s’opposer au peuple souverain. »
Il s’agit aujourd’hui de maintenir la pression pour éviter des élections en 45 jours car il est impossible de construire une nouvelle Algérie en organisant des élections aussi vite. Qui peut lancer une campagne en 90 jours ? Uniquement les forces en présence que le peuple ne veut plus.
Accepter le temps du changement et prendre en compte l’aspiration du peuple
Le changement peut démarrer maintenant mais reste un process long et complexe. Les citoyens doivent comprendre que la précipitation ne répondra pas à long terme à leur aspiration. Organiser des élections en moins d’un an relève de l’irresponsabilité en vue de l’inexistence d’une alternative politique.
La précipitation est le meilleur moyen de faire perdurer le système actuel en changeant le visage des acteurs en présence. Dans le même temps, le pouvoir actuel doit comprendre que le peuple a besoin de changement concret à court terme. Cette équation est difficile à résoudre mais elle correspond bien à la réalité.
En résumé, il s’agit de refondre la gouvernance, libérer les initiatives et la transparence pour établir la confiance en vue d’élections où chaque citoyen aura la chance de faire valoir son projet de société. Cela requiert du temps. Le gouvernement de donner de la visibilité avec un plan d’action et des jalons clair pour éviter la prise décision dans la précipitation et en même temps répondre à l’aspiration du peuple.