Un mois avant le déclenchement de la révolution populaire pacifique le 22 février dernier, Ahmed Ouyahia avait signé une décision qui le mènera certainement au banc des accusés. Sollicité par les frères Kouninef, l’ex-Premier ministre avait décidé – lors d’une réunion du Conseil des participations de l’État, consacré à la réévaluation de leur projet de trituration de graines oléagineuses à Jijel – d’injecter 10 milliards de dinars (75 millions de dollars) puisés du Trésor public ! à l’une de leurs sociétés pour compenser ses pertes financières. 

Ainsi, en janvier 2019, l’ex-Premier ministre avait, selon El Khabar, décidé de financer les pertes de l’un des projets des Kouninef, réalisé par la société Nutris. La fratrie avait demandé une prise en charge pour compenser les pertes induites par la chute de la valeur du dinar et les turbulences du marché de change.

Toujours selon EL Khabar, ce projet avait déjà bénéficié d’un cofinancement de plus de 20 milliards de dinars (150 millions de dollars), alimenté par les trois plus grandes banques algériennes que sont la Banque Nationale d’Algérie (BNA) et le Crédit populaire d’Algérie (CPA), ainsi que par la Banque Extérieure d’Algérie (BEA).

Il est souligné que ce genre d’avantages indécents n’était cédé que pour les hommes d’affaires proches des Bouteflika. Des milliards de dollars étaient puisés chaque année du trésor public pour compenser des pertes induites par les sociétés appartenant aux copains de la famille régnante!

Celui qui avait minimisé les effets de la révolution du peuple en la qualifiant de « courant d’air traversant des filets » (R’rih f’echbbek) est en passe, aujourd’hui, de faire face à de graves ennuis judiciaires. Les langues se délient et cela risque d’enfoncer Ahmed Ouyahia encore plus.

Les révélations faites par El Khabar ce dimanche, ne font que renforcer l’idée selon laquelle le pays est administré par de véritables mafieux mêlant argent et politique !