Cette année, la journée nationale de l’étudiant n’a pas été célébrée à travers des cérémonies folkloriques auxquelles prennent, habituellement, part des officiels mal inspirés et en total déphasage avec les réalités sociales. Cette date symbolique a été célébrée par les étudiants eux-mêmes. La célébration change donc de nature et de forme. Les étudiants ont investi les rues du pays ce dimanche 19 mai pour prouver, si besoin est, qu’ils sont toujours à l’avant-garde de la lutte pour la démocratie et l’État de droit.

Ce matin à Alger et plus précisément devant la faculté centrale (Benyoucef Benkhedda), une foule impressionnante d’étudiants se préparait à battre le pavé. Le 19 mai est une date à forte symbolique. Il y a 63 ans jour pour jour, la section d’Alger de l’Union générale des étudiants musulmans algériens (UGEMA) avait lancé un appel à une grève illimitée des étudiants et lycéens. Cette initiative avait donné le coup d’envoi au ralliement des étudiants et les lycéens à la guerre de libération.

C’est donc en dignes héritiers des enfants de novembre que les étudiants se comportent aujourd’hui. À travers leurs propos, leurs chants et sur leurs pancartes, la détermination d’en finir avec le système mafieux reste intacte. Et cela se manifeste par d’impressionnantes démonstrations de force. Il s’agit bien sûr, de marches pacifiques.

Aux environs de 10H, ils avaient tenté de se rassembler devant la Grande Poste, mais les unités de police antiémeutes avaient complètement bouclé l’accès. Le temple des manifestants est, pour l’instant, inaccessible ce qui a poussé les changer de destination.   

Ils ne découragent.  Ils ont arpenté les ruelles d’Alger en direction de l’APN. Là aussi, ils ont fait face à un fort déploiement de la police sur le terrain. Comme ce fut le cas mardi dernier, ils ont changé de cap pour se rendre au tribunal de Sidi M’Hamed.

Arrivés sur place, ils se sont rassemblés en scandant des slogans appelant à une justice indépendante et libérée des injonctions des puissants du moment. Les forces de police ont profité de l’exigüité du lieu pour les encercler. Un sit-in est alors observé avant qu’ils ne brisent le cordon sécuritaire.  

Pour ce qui est des revendications, elles ont toujours trait à la situation politique actuelle. Les étudiants réclament un état civil, rejetant l’idée d’un régime militaire. Ils ont également réclamé la restitution de la souveraineté au peuple. Des slogans hostiles aux élections du 4 juillet, à  Abdelkader Bensalah, Bedoui et au chef d’État-major, Gaid Salah ont été scandés.