Les Ghardaouis sont actuellement dans la rue pour crier leur colère suite au décès hier, du militant des droits de l’homme, le Dr Kameleddine Fekhar, mort en détention provisoire après une grève de la faim qui a duré plus de 50 jours. Un rassemblement pacifique a été tenu devant le tribunal de Ghardaïa, perçu comme le symbole de l’injustice et de l’oppression. L’avocat et militant des droits de l’homme, Me Salah Babouz s’est joint aux manifestants. Me Dabouz a pris la parole et s’est engagé, devant les manifestants, à œuvrer pour que tous les responsables de la mort du docteur Fekhar soient traduits devant la justice.     

La colère ne faiblit pas à Ghardaïa. Après la marche pacifique d’hier soir, les Ghardaouis ont encore investi les rues ce mercredi pour réclamer la tête du procureur général Mohamed Bensalem et celles des responsables accusés d’avoir « programmé » la mort en détention provisoire du militant mozabite Kameleddine Fekhar. Un homme déterminé au caractère trempé, mais surtout un militant réputé pour sa ténacité et un battant enclin à entrer en grève de la faim à chaque fois qu’il est arrêté et maintenu en détention arbitrairement.

Durant cette marche de la colère, Me Salah Dbouz a pris la parole pour prendre à témoins les manifestants avant de s’engager à faire la lumière sur cette tragique affaire. « On peut emprisonner les personnes, mais pas leurs esprits », a-t-il clamé au milieu d’une foule à la fois peinée et révoltée.

Me Dabouz a fait le serment de se battre jusqu’au bout afin de traîner devant les tribunaux tous ceux qui sont complices de ce qu’il a qualifié, dans des déclarations précédentes, de « crime » et de « mort programmée ». « Je la mènerais à bien même si cela doit me coûter la vie », a-t-il juré.

Salah Dabouz a promis de saisir la justice et qu’une plaine va être introduite au plus tard demain jeudi. Et d’ajouter que le dossier sera transmis aux instances internationales dans le cas ou la justice algérienne venait à verser dans ses pratiques habituelles visant à faire étouffer l’affaire.  

« La révolution du 22 février s’est déclenchée pour mettre fin à l’injustice et à l’oppression » (…) nous avons pu voir ces derniers jours que les responsables ont été chassés de toutes les wilayas où ils ont mis les pieds, simplement parce qu’ils représentent un pouvoir injuste et répressif », a-t-il souligné.   

Le militant des droits de l’homme est allé plus loin en expliquant qu’une justice qui fait subir un tel châtiment injuste et injustifié aux militants qui se battent pour les droits des citoyens est une « justice revancharde ».  

Dans une vidéo diffusée hier sur sa page Facebook, Salah Dabouz avait évoqué hier  »une mort programmée » accusant le procureur général de Ghardaïa, le Procureur de la République près la Cour de Ghardaïa, le juge d’instruction, le directeur de l’hôpital de la même wilaya, ainsi que le personnel médical du même établissement accusé de négligence.