Les deux ex-secrétaires généraux du FLN, Djamel Ould Abbès et Mouad Bouchareb seront traduits devant la commission de discipline du parti. Le FLN a souligné dans un communiqué qu’ils ont causé « de graves dommages pour le parti ». Le vieux parti-appareil qu’est le FLN semble vouloir se redorer le blason en se débarrassant de quelques carcasses inutiles et encombrantes, mais sur le terrain du Hirak, les manifestants ne réclament rien de moins que sa mise au musée.   

Ould Abbas et Bouchareb ont donc été saisis par la commission de discipline, afin de comparaitre pour rendre des comptes. Dans son communiqué, le FLN met en cause leur bilan à la tête du parti. L’on évoque même « des répercussions négatives sur l’unité et la cohésion du parti, en sus de dépassements et du non-respect des règles d’éthique de l’action politique et partisane ».

La nouvelle direction de l’ex-parti unique leur reproche également d’avoir porté atteinte à l’image de marque du FLN. C’est paradoxal, car c’est une  tentative claire de redorer le blason d’une formation politique qui n’a pas fini de porter préjudice à l’image du FLN de la guerre d’indépendance.

On ne désigne, d’ailleurs, pas les élites dirigeantes du parti comme étant des « cadres », on les affuble plutôt du qualificatif d’ »apparatchiks ». C’est assez révélateur !

Loin des manœuvres, des luttes d’intérêts et de positionnement tactique qui  se déroulent dans les coulisses du pouvoir, les manifestants continuent de réclamer la mise au musée du FLN et la dissolution du RND, du MPA et du TAJ.

Les Algériens semblent avoir pris conscience du fait que ces formations politiques disposent de réseaux tentaculaires à l’intérieur de l’administration jusqu’au sommet de l’État et que leur subsistance constitue un danger sur le Hirak et ses objectifs.

Si l’on touche l’exemple de l’Égypte, on constatera que c’est le système Moubarak qui a fini par renverser le défunt président légitime, Mohamed Morsi. Moubarak est aujourd’hui en liberté et Mohamed Morsi a fini par sortir les pieds devant des geôles de la dictature.