« Cela ne vaut pas la peine de vivre sous la botte de qui que ce soit. Voilà pourquoi j’ai entamé une grève de la faim et voilà pourquoi je ne compte pas arrêter cette grève de la faim ». C’est ce qu’a écrit l’avocat et militant des droits de l’homme Me Salah Dabouz dans un post Facebook datant d’hier. Sur les réseaux sociaux, ils sont nombreux à l’exhorter à mettre fin à son action de protestation. « Nous avons besoins de vous Me Salah Dabouz », ont écrit certains d’entre eux.   

À la question de savoir ce qu’il le pousse à mettre sa vie en péril en entretenant cette grève de la faim, Me Salah Dabouz répond, dépité : « c’est le déni de justice !…Le déni de justice est le crime le plus abominable qui soit ».

Sa décision d’entamer une grève de la faim se détache de toute considération personnelle. Dans sa logique, le déni de justice peut toucher n’importe quel citoyen. Il y a un peu plus de 40 jours, le docteur Kameleddine Fekhar est mort à cause de ce déni de justice. « C’est une mort programmée », soutient Me Dabouz.

Le 8 avril dernier Salah Dabouz avait été mis sous contrôle judiciaire. Cependant, le contrôle judiciaire sous lequel il a été mis est « incapacitant » et ses contraintes sont quasiment insurmontables ! Résidant et travaillant à Alger, Me Dabouz est contrait de se rendre trois fois par semaine à Ghardaïs, pour notifier sa présence ! Du jamais vu dans toute l’histoire de la justice algérienne !

Il y a une semaine, l’avocat avait entamé une grève de la faim, mais a également saisi le rapporteur de l’ONU sur la situation des droits de l’homme. Sur les réseaux sociaux, ils sont nombreux à lui demander de mettre fin à son action, mais l’homme de principe refuse obstinément : « Mourir vaut beaucoup mieux que de vivre dans l’injustice et l’indignité », a-t-il écrit hier dans un autre post Facebook.

Nous utilisons cette tribune pour appeler Dda Salah Dabouz à mettre fin à son action, car, aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin de lui pour combattre l’injustice. Entretenir cette grève  de la faim peut provoquer l’innommable. vous n’avez pas le droit de nous abandonner au triste sort qui nous guette !